“Villa avec piscine” de Herman Koch : un roman d’été à l’atmosphère pesante

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Villa avec piscine - Herman Koch10/18 - Prix : ISBN : 978-2-264-06306-9
Villa avec piscine – Herman Koch
10/18 – Prix : 8,40€
ISBN : 978-2-264-06306-9

Marc, le narrateur de Villa avec piscine, est médecin généraliste dans la banlieue d’Amsterdam. Pas vraiment le style du gentil médecin de famille, non. Il n’a que la quarantaine mais est déjà désabusé, n’a plus le moindre intérêt pour ses patients. Il faut dire que sa patientèle n’est pas des plus commodes ni des plus communes ; aucun de ses malades ne fait le 9-17, tous sont artistes. Acteurs, peintres, écrivains, tous se rendent chez Marc parce qu’il a la réputation de ne pas être trop regardant. Il accepte de leur prescrire ce qu’ils veulent sans poser de questions. Il ne bronche pas non plus lorsqu’ils répondent qu’ils ne boivent que deux ou trois verres de vin par jour, même si leur foie lui crie le contraire.

Avec le temps, Marc a compris comment les satisfaire : 20 minutes par personnes, quinze patients par jour. C’est son maximum s’il veut encore pouvoir faire semblant qu’il les écoute. Pour leur faire plaisir, il se rend également à leurs premières et autres vernissages. Quelques fois, sa femme l’accompagne, comme lors de la première de Richard II avec Ralph Meier, l’un de ses nouveaux patients.

Aujourd’hui, Ralph Meier est mort et Marc est convoqué par le Conseil de l’Ordre. Mauvais diagnostic, imprudence ou bien vengeance ? Il semblerait en effet que ce soit une erreur que même un débutant n’aurait pas faite.

Le roman est construit comme un roman policier et s’ouvre sur une mort. Une mort inhabituelle, cependant, puisqu’il ne s’agit pas d’un corps retrouvé sans vie mais d’un suicide médicalement assisté. Cependant, le corps n’est pas encore froid que tout s’enchaîne déjà. Tout ne serait pas très clair dans cette affaire. Pour nous éclairer, Marc revient sur sa rencontre avec la famille Meier et l’été qu’il a passé avec sa famille dans leur propriété. Un été pendant lequel un incident est survenu, un point de non-retour a été franchi après quoi rien ne sera plus jamais pareil.

Comme dans un roman policier, les différents protagonistes et suspects sont présentés. A qui la faute ? L’ambiance est pesante, parfois malsaine, souvent grinçante. Herman Koch manie le style avec brio ; le lecteur enchaîne les pages, les avale à toute allure, tout en se retrouvant oppressé par le récit. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette villa, quelque chose qui cloche au bord de la piscine, dans les relations entre adultes et jeunes.

Le personnage de Marc est déstabilisant, lui aussi. Il a deux visages : celui d’un médecin antipathique qui se demande parfois comment il pourrait liquider cette patientèle qu’il méprise, et celui d’un père attentionné, d’un homme très humain. C’est un homme qui fut autrefois passionné par ses études et qui est aujourd’hui encore en admiration devant le corps humain et son fonctionnement. Les passages où il se souvient de ses cours de biologie médicale et où il analyse ses patients en tant que « machines » sont d’ailleurs très intéressants. Il y a du bon en lui, c’est indéniable, mais il est en équilibre instable, une quelconque influence peut très vite le faire basculer d’un côté ou l’autre. Seule sa femme semble pouvoir le ramener à la raison et le faire redevenir le bon père de famille.

Villa avec piscine est le premier roman d’Herman Koch que je lis mais certainement pas le dernier ! Il me tarde déjà de découvrir Le dîner, premier roman traduit en français de l’écrivain néerlandais.

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