Un si petit oiseau – Marie Pavlenko

Un si petit oiseau – Marie Pavlenko

26 mai 2019 6 Par Laura

Abi était en voiture avec sa mère. C’était un long week-end ensoleillé, Nina Simone chantait dans la radio, il faisait bon. Son bras droit accoudé à la fenêtre goûtait avec le frais, jouait avec le vent.
En deux secondes, tout a basculé. Une femme a grillé un stop et s’est encastrée dans la portière d’Abi. Des cris, du sang, beaucoup de sang, et un bras qui s’éteint.

Abi a été amputée au-dessus du coude, a passé des mois entiers en rééducation à l’hôpital, a une prothèse esthétique en silicone qui ne lui sert à rien et une prothèse de Vador, très moderne mais également très lourde et douloureuse.

Aujourd’hui, elle rentre enfin chez elle. Elle va retrouver ses parents et sa petite sœur et découvrir le nouveau quartier dans lequel ils ont déménagé. Un nouveau combat commence. Il va falloir apprendre à vivre avec la douleur et la colère qui bouillonne en elle, l’isole et brûle tout sur son passage. Non, elle n’a pas envie de réfléchir à un nouvel avenir. Ce qu’elle veut, elle, c’est son bras ! Que rien ne soit jamais passé, qu’elle récupère son bras et continue ses études de vétérinaire. Elle refuse de se regarder sans lui, elle est moche, handicapée, attaquée dans son corps.


Pourtant, il me semble qu’il existe une différence c’est que je suis une femme. J’ai l’impression qu’un corps d’homme brisé, peut-être un relent de guerres, justement, est plus acceptable. Une blessure, ça fait warrior. Pour une femme, dans l’inconscient de plein de gens, la féminité écorchée est une monstruosité.

Blessée dans sa chair, Abi doit réapprendre à s’ouvrir, retrouver la beauté du monde. C’est une chose difficile lorsque l’on se retrouve au milieu de la tempête, que l’on se bat déjà pour survivre. Pas le temps de penser aux autres, au reste. Abi ne veut plus rien et elle a raison de prendre le temps de remonter à la surface.

Aidée par les écrits de Blaise Cendrars, amputé de la première guerre mondiale, et d’un ami revenu du passé, Abi avancera, à touts petits pas, touts petits sautillements de moineau.

Un si petit oiseau – Marie Pavlenko
Flammarion

J’entends beaucoup parler de Marie Pavlenko depuis la sortie de son roman Je suis ton soleil. La sortie de son nouveau roman m’a permis de découvrir la plume d’une autrice qui décrit très bien les réactions et émotions des différents membres d’une famille face à un traumatisme. Une très belle découverte !