“Un plaisir trop bref” : au coeur de la correspondance de Truman Capote

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Un plaisir trop bref (lettres)T. Capote 10/18, 2014 - Prix : 9,10€ ISBN : 978-2-264-06354-0
Un plaisir trop bref (lettres)
Truman Capote
10/18, 2014 – Prix : 9,10€
ISBN : 978-2-264-06354-0

Truman Capote mettait tout de lui dans ses lettres sans se préoccuper d’un quelconque intérêt littéraire ; lire sa correspondance, c’est entrer au cœur de ses émotions. L’écrivain se livre à ses correspondants, prend plaisir à rédiger des missives en espérant en recevoir ; pour lui, entretenir une correspondance, c’est du donnant-donnant.

Un plaisir trop bref, le recueil de lettres de Capote, constitue une sorte d’autobiographie de l’écrivain. En présentant les lettres chronologiquement et en divisant la vie et la carrière de Capote selon quatre périodes, le recueil permet d’en apprendre plus sur sa vie et ses relations personnelles et, bien sûr, sur sa façon de travailler.

La division chronologique 1959-1966 notamment est très intéressante car elle suit l’écrivain pendant l’écriture ce qui fut une œuvre majeure de non-fiction De sang-froid, récit d’un fait divers sanglant dans une petite ville du Kansas. De nombreuses lettres sont adressées à l’inspecteur qui fut en charge de cette affaire pour lui demander des informations supplémentaires, le nom oublié d’un témoin ou encore pour échanger ses impressions autour des audiences des deux accusés, Dick Hickock et Perry Smith. Chaque détail supplémentaire est accueilli par moult remerciements chaleureux de Truman Capote, très impliqué dans l’affaire et encore plus dans son procès.

On sait que Truman Capote ne s’est jamais remis de son travail littéraire sur l’assassinat de la famille Cutler. Très marqué par la personnalité de Perry Smith, l’écrivain lui a écrit de nombreuses lettres lors de son incarcération. Véritable enquêteur, il chercha à tout prix à éviter la peine capitale au jeune assassin. Il le prie de garder espoir, correspondra avec lui jusqu’à la fin et assistera même à la pendaison des deux assassins à leur demande

Lire la correspondance de Truman Capote, c’est découvrir l’homme derrière ses romans. Un homme mondain, que l’on disait cynique et parfois piquant en société mais qui révèle un grand cœur et un amour incommensurable pour ses amis – son unique famille, Truman ayant souffert toute sa vie de l’abandon de ses parents. Ses lettres détonnent lorsqu’on les compare avec les correspondances d’autres écrivains ; alors que beaucoup les peaufinent presque autant que leurs romans, Truman Capote, lui, les écrit comme elles viennent. Elles sont pleines de vie, écrites à la hâte pour être postées avant que la poste ne ferme, relate les le quotidien et les nombreux voyages de l’écrivain sans envolées lyriques sur les paysages – Truman préférant parler de la cuisine locale et des kilos perdus ou repris.

Un plaisir trop bref, c’est ce que le lecteur habitué aux fictions de l’écrivain ressentira face aux missives trop courtes de cet homme dont la compagnie ne devait jamais être ennuyeuse.

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