Un bonheur si fragile, tome 1 : l’engagement – Michel David

Classé dans : Romans pour adultes | 10

unbonheursifragile La couverture m’a souvent fait de l’oeil en librairie. C’est le dessin de Loisel et Tripp qui a attiré mon regard. Il y avait un sacré air du Magasin général, la bande dessinée créée par le duo québécois que j’aime tant. La quatrième de couverture me rappelait l’histoire de Marie, elle aussi. Certes, Un bonheur si fragile se déroule quarante ans plus tôt que Magasin général mais l’ambiance du Québec rural semble être la même.

Il a fallu quelques semaines avant que je ne me décide à acheter le premier tome. Je vais être honnête avec vous, c’est la mention “Roman du terroir” qui me chiffonnait. Je n’en ai jamais lu, moi, des romans du terroir. Et si je n’aimais pas ? 20€ pour un livre, c’est toujours une petite somme. Sans compter que quatre tomes étaient prévu et vous connaissez mon (dés)amour pour les séries
Et puis j’ai craqué. Pour le moment, j’ai touuut mon temps libre pour lire, je peux bien essayer de me lancer dans une série familiale de quatre tomes.

Et vous savez quoi ? J’ai adoré !

Michel David place son intrigue dans le Québec rural de 1900. Dans le petit village de Saint-François-du-Lac, la jeune Corinne Joyal attend le retour de Laurent Boisvert, son galant du village de Saint-Paul-des-Prés. Le printemps est là et les hommes rentrent du chantier où ils ont travaillé durant l’hiver, lorsqu’il y a moins à faire à la ferme. Ses frères sont rentrés, eux ! Et ils avaient même écrit à Noël, ce que n’a pas fait Laurent…

Lorsque celui-ci rentre enfin, il tente de s’excuser de ces longs mois sans nouvelles. Et le voilà qui fait sa demande à Corinne ! Les jeunes gens ne se fréquentent pas depuis si longtemps mais Corinne dit oui … elle l’aime, son Laurent ! Avant le mariage, il faut toutefois que Laurent obtienne un autre oui ; celui de ses futurs beaux-parents. Ceux-ci sont moins chaud mais après s’être assuré auprès de leur futur gendre qu’il pendra toujours soin de leur plus jeune fille, ils finissent par donner leur consentement. Commencent alors les préparatifs du dîner de fiançailles et du mariage …

Les Joyal sont une grande famille unie. Une famille de travailleurs où on ne vit peut-être pas dans l’opulence mais où l’on ne manque de rien non plus. Les frères de Corinne travaillent encore tous encore à la ferme avec leur père. Ses deux soeurs, elles, sont déjà parties de la maison mais reviennent très souvent rendre visite. Chez les Joyal, on ne laissera jamais tomber personne.

Corinne va malheureusement découvrir qu’il n’en est pas de même chez les Boisvert. Le patriarche est plutôt pingre, même avec sa propre famille. Il semble également dépourvu du gêne de la politesse et n’a pas l’air de l’avoir inculqué à ses enfants. Laurent est un gentil garçon, un peu fainéant parfois, c’est vrai, mais rien ne laissait présager qu’il venait d’une telle famille. Presque aucun Boisvert ne se donne la peine de se déplacer pour leur dîner de fiançailles et si cela choque Corinne et sa famille, Laurent, lui, se contente de hausser les épaules. C’est sa famille, il s’en accommode. Bien élevée, Corinne s’en accommodera aussi. Mais faudrait pas non plus essayer de lui marcher sur les pieds parce qu’elle révélerait très vite son caractère.

 

Vous l’aurez compris, l’intrigue de Un bonheur si fragile est assez simple : un jeune couple se fréquente, se fiance et se marie. Bien sûr, c’est surtout l’histoire de deux familles qui se rencontrent et doivent composer l’une avec l’autre. C’est une histoire somme toute banale mais je me suis vite attachée aux personnages. J’ai eu peur au début parce que Corinne m’énervait durant les cinquante premières pages mais elle m’est vite devenue très attachante. Et puis, surtout, il y a un petit quelque chose qui m’a accroché et je savais que tel serait le cas car c’est déjà ce qui me plaisait dans la BD Magasin général : le québécois. C’est une langue qui plaît beaucoup à mon oreille et j’adore en apprendre de nouveaux mots et expressions. Pantoute, c’est correct, faire le train, et tant d’autres viennent donner au lecteur un certain dépaysement. Je ne sais pas si l’on parle encore comme cela au Québec en 2015 mais qu’importe, ce langage aide à s’immerger dans le roman.

C’est difficile d’être catégorique vu qu’il s’agit là de mon premier “roman du terroir” mais je pense que Un bonheur si fragile remplit tous les critères du genre. Et vous savez quoi ? Ca ne fait pas de mal, de temps en temps, de suivre une saga familiale ! Les bouleversements et retournements de situation sont nombreux, parfois un rien prévisibles, parfois pas du tout, … c’est la vie, quoi ! J’ai déjà dévoré le deuxième tome de la série et j’attends la sortie du 3e, le 21 octobre prochain avec une impatience non dissimulée ! :)

 

Et vous, avez-vous déjà lu des romans dits “du terroir” ? Et la littérature québécoise, vous en pensez quoi ? Vous aimez ? Vous avez des auteurs, des titres à me conseiller ?

10 Réponses

  1. J’aime bien les sagas familiales (celle d’AM Garat est juste superbe (je ne me rappelle plus du titre)) mais je crois que j’aurai énormément de mal avec le québécois ^^

    • Oh tu saurais me retrouver les titres ? Parce que je vois qu’elle a écrit beaucoup de romans ^^
      Le québécois, c’est sûr qu’il faut s’y faire. Maintenant, ce n’est pas le premier roman que je lis avec du vocabulaire québécois donc je commence à être habituée. Mais malgré tout, il y a beaucoup de termes spécifiques dans celui-ci, c’est vrai.

  2. J’adore les sagas familiales quebecoises :) J’ai un excellent souvenir de “Emilie” et “Blanche” d’Arlette Cousture et aussi “Le goût du Bonheur” de Marie Laberge, celui-ci me tente bien du coup :p (et en +, j’adore Loisel ! En arrivant sur ton blog, j’ai cru que tu allais nous parler du Magasin Général ^^, c’est marrant cette couv)

  3. Oui, moi j’adore la littérature québecoise ; va voir sur mon site, tu trouveras de bonnes références. Depuis que Grand Garçon vit là-bas, je connais mieux cette littérature très riche pour une aussi petite province.
    A découvrir surtout des auteurs comme Michel Tremblay, Marie Laberge et Jocelyne Saucier (“Il pleuvait des oiseaux”).
    On peut se référer aussi au prix des libraires ou à celui du gouverneur général. Et le site de lectures de Topinambour …
    Bonnes découvertes !

  4. Schuurbiers Philippe

    “Un Bonheur si Fragile” – Je suis au troisième tome – J’adore. Deux remarques cependant. Tenir un livre de ce format, c’est lourd, surtout quand on lit au lit. C’eut été mieux d’adopter un format un peu plus maniable. Et en deux : le vocabulaire québécquois. Très instructif de l’apprendre, mais il manque un petit lexique à la fin du premier tome.
    J’attends avec impatience la parution du tome 4.

  5. Il y a tellement de choix pour la littérature québécoise!

    J’ai publié cet article en juin 2016, et depuis, j’en ai ajouté d’autres sur le blog! https://julielitaulit.com/2016/06/26/50-livres-quebecois-dont-jai-parle-sur-le-blogue/

Laissez un commentaire