Tropique de la violence – Natasha Appanah

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Il n’y a pas si longtemps, je vous disais qu’il m’arrivait, grâce à ma participation au Grand Prix des Lectrices de Elle, de découvrir des romans que jamais je n’aurais lu autrement. Voici encore un bel exemple avec Tropique de la violence !

tropiqueMon résumé

Marie a débarqué un jour de sa Métropole sur l’île de Mayotte pour suivre l’amour. Mayotte, 101e département français, celui dont ils n’ont que faire, là-bas.

A Mayotte, tout est toujours tendu, en attente, sur le point d’exploser. Oh, dans les beaux quartiers, on se voile la face, on fait semblant de ne pas savoir pourquoi on installe des barreaux aux fenêtres des maisons ; on ne s’occupe pas de ce qu’il se passe dans les quartiers pauvres où la violence et la faim sont légion.

Marie a adopté Moïse, un enfant de migrant rejeté pour ses yeux clairs, symbole de malheur. Elle l’a élevé comme sien et l’a couvé de tout son amour.
Le jour où Marie meurt, Moïse est encore très jeune. Il perd pied et se raccroche malheureusement à une mauvaise pousse. Le voyage en enfer commence ; il vole, se bat, se drogue, tombe sous l’emprise des voyous de « Gaza », le ghetto de l’île.

Mon avis

Comme son titre l’indique, ce roman baigne dans la violence. La violence de garçons livrés à eux-mêmes, empreints du désespoir de ceux qui savent que rien ne changera, que personne ne s’inquiétera jamais vraiment de leur sort, que les tentatives pour les aider périront toutes après quelques mois. Certains extérieurs pensent pouvoir les aider mais lorsqu’ils se rendent compte du merdier dans lequel ils ont mis les pieds, ils fuient à toutes jambes. C’est trop dur, c’est déjà beaucoup trop dur à supporter pour ceux qui sont nés dedans alors comment de jeunes blancs becs tout droit débarqués de la métropole pourraient-ils tenir ?

Tropique de la violence m’a ouvert sur les yeux sur une île que je ne connaissais que de nom. Je voudrais me rassurer en me disant que c’est parce que je suis belge que je ne connaissais pas le 101e département mais d’après ce que j’ai lu dans la presse, les français eux-mêmes ne sont pas très informés de ce qu’il se passe sur cette île de leur territoire. Je suis sortie apeurée de ma lecture, terrifiée pour Moïse et les milliers d’autres enfants qui grandissent dans la pauvreté et la violence, privés de tout espoir. Révoltée que leur cas importe si peu, espérant, en vain je le crains, que le roman de Natasha Appanah secoue les consciences et réveillent les politiques.

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