Scythe – Neal Shusterman

Classé dans : Romans pour ados | 5

Chaque année c’est la même chose, je me promets de lire plus en anglais. Et, chaque fin d’année, lorsque je fais mon petit bilan de lectures, je suis obligée de m’avouer que c’est un échec. Cela fait quelques temps que je n’avais pas osé me lancer dans la lecture d’un “gros” roman en anglais – depuis ma relecture des trois premiers tomes d’HP, en fait – et, comme toujours, il ne me manquait qu’une seule chose : la motivation. Elle est arrivée avec le roman Scythe, que m’a très bien vendu un collègue et qui n’a pas résisté au “je pourrais attendre la vf” (qui sort jeudi !).
Laissez-moi vous raconter tout ça …

scythe
Mon résumé

L’humanité a triomphé de la mort. Les maladies n’existent plus et les accidents ne sont plus dramatiques car même si l’on venait à en mourir, on peut être ressuscité. Cool !
Cool, cool, … oui mais si l’on ne meurt plus et que l’on continue à se reproduire, il y va y avoir comme un petit problème de sur-population. Surtout que, pas de bol, on a beau avoir vaincu la mort, on a beau avoir supprimé toutes les inégalités depuis l’instauration d’une espèce de super-cloud qui gère tout, ayant relégué les gouvernements aux oubliettes, on n’a malheureusement pas réussi à coloniser d’autres planètes.

Si l’on continue de naître, il n’y a pas le choix, il faut continuer de mourir. Il a été décidé que ce soit les Scythes (les Faux, en vf, et non pas les faucheurs, aie la traduction pourrie) qui aient la responsabilité de glaner les gens, selon un quota très précis qui leur est attribué. Les Faux sont l’incarnation de la dernière peur qu’il reste sur Terre et ils ne peuvent pas faire n’importe quoi ! La communauté des Faux se doit d’obéir à un certain nombre de règles et se réunit périodiquement en conclave pour discuter affaires et introniser de nouveaux membres.

Citra et Rowan, tous deux adolescents, ont été choisi par Scythe Faraday pour être ses apprentis. Ils ont un an pour apprendre les bases et techniques du métier avant de passer l’examen final qui déterminera s’ils peuvent devenir une Faux à leur tour. Tous deux s’en seraient bien passé, ils n’ont aucune envie de glaner ! Mais c’est justement le fait qu’ils ne prendraient aucun plaisir à tuer qui assure qu’ils sont faits pour le métier. Aux côtés de Scythe Faraday, ils vont dès lors découvrir l’envers de la peur qui les tient depuis leur naissance …

Mon avis 

Rien qu’en me pitchant l’histoire, mon collègue m’avait donné très envie, au point que je me dise “ok, je lâche tout et je le lis”. Et mon empressement a payé ! Je n’arrivais pas à lâcher Scythe, les rebondissements s’enchaînaient pour mon plus grand plaisir, d’autant plus que je ne les voyais jamais arriver. Un pur plaisir de lecteur !

Avec Scythe, Neal Shusterman a voulu sortir des dystopies omniprésentes en littérature YA – oui car ce n’est pas une dystopie ! allez relire la définition du genre s’il le faut mais je trouve qu’on colle l’étiquette un peu trop facilement sur grand nombre de romans YA – et aborde des thèmes peu courant en YA mêlés à de bonnes scènes d’action.

Je l’ai lu en anglais et n’ai pas encore feuilleté la version française ; je ne pourrai donc pas donner mon avis sur la traduction mais je trouve que cela commence mal rien qu’avec la traduction du titre (La Faucheuse) et la phrase rajoutée sur la couverture française “Priez qu’elle ne vienne pas pour vous!”, qui donne l’impression que l’on est du côté des immortels qui redoutent la mort. Que les choses soient claires ; si la mort est bien la dernière peur de cette société, Neal Shusterman ne raconte absolument pas la vie de ceux qui la craignent mais bien la vie des glaneurs ! Ceux qui n’ont jamais eu l’envie de tuer, ceux qui ne prennent aucun plaisir dans leur travail mais qui ont du, par la force des choses, trouver un moyen de le faire. Scythe est un roman où le choix des mots est très important, comme toujours lorsque l’on aborde des aspects psychologiques, et la première impression que la traduction française me donne, c’est qu’on n’a pas forcément fait attention aux détails. J’espère me tromper !

La psychologie des personnages est intelligemment développée et tous sont très intéressants à découvrir. Les personnages sonnent vrais, humains, ont bien plus de faiblesses que de forces et ne sont pas tout lisses. L’exemple qui fut le plus frappant est que j’ai commencé le roman en aimant beaucoup Rowan et en ne supportant pas Citra et je l’ai terminé en lui vouant un culte. Voilà un très bel exemple de personnage qui mûrit à travers les épreuves, même si elle ne s’en pas indemne.

Scythe est mon premier gros coup de coeur de l’année, un roman qui m’a redonné goût aux romans pour adolescents – j’avoue que je m’en lassais un peu ces derniers temps – et à la lecture en anglais. Je vous encourage vivement à vous y remettre avec ce très bon roman, vous verrez bien vite qu’il n’y a pas besoin d’être parfait bilingue pour lire en anglais :)

5 Réponses

  1. Ca fait très envie tout ça ! Je vais essayer de le trouver en anglais :)

  2. Oh, je n’en avais pas entendu parler mais il a l’air vraiment chouette, surtout que le sujet est intéressant et qu’il pourrait plus ou moins devenir réel dans un futur lointain. Je me le note. Merci pour la découverte.

  3. Après avoir terminé ma lecture, je ne peux qu’être d’accord avec toi ! (hormis tout ce qui est relatif à la traduction pour lequel je ne peux pas tellement donner mon avis ^^ … sauf la mention sur la couverture que je trouve bêbête après coup) J’ai apprécié qu’il n’y ait pas de romance culcul la praline, ni de gros cliffhanger de fin qui donne envie de se jeter sur la suite !

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