NaNoWriMo 2015 : le point après une semaine

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La semaine dernière, je vous annonçais que mon mois de novembre allait être rythmé par le NaNoWriMo. Vous avez été plusieurs à réagir à cette annonce sur le blog et sur les réseaux sociaux et, en discutant avec vous, il est en sorti que vous ne seriez pas contre des bilans hebdomadaires de mon expérience NaNo. Toujours prête à servir (et à blablater), je vous viens donc aujourd’hui avec un premier bilan :)

nano2015-semaine1

Avant toute chose, je tiens à dire que ce qui m’a le plus frappée c’est que vous êtes pas mal à m’avoir dit que vous trouviez vraiment chouette que je me lance là-dedans parce que vous, vous n’osiez pas. Et sachez que je vous comprends tout à fait. Je vous l’ai dit, j’ai tenté l’expérience NaNo pour la première fois il y a deux ans seulement (et je me suis vautrée, ahah). Il y a deux ans seulement alors que, comme bon nombre d’entre vous, j’écris depuis ce qu’il me semble être un millénaire. Vous voyez, vous n’êtes pas seuls, moi aussi j’ai mis du temps.

Je ne vais pas revenir sur le “pourquoi le faire cette année” puisque je vous ai déjà donné mes raisons ici. Je vais plutôt m’attarder sur “et pourquoi pas avant ?”.

Avant, mes amis, j’avais la trouille. Avant, j’étais persuadée que :

- je n’y arriverais pas – 50.000 mots, 30 jours d’écriture, non, c’est impossible

- je n’avais rien d’intéressant à dire

- d’ailleurs est-ce que je savais seulement écrire, en fait ?

- ce n’était pas pour moi

- je n’avais pas le temps, de toute façon. Oh, je n’ai pas que ça à faire, hein !

Personne n’a que ça à faire. On peut être sans emploi, sans occupation régulière, et se retrouver très occupé une bonne partie de la journée. C’est certain, pour faire le NaNoWriMo, il faut s’aménager du temps. Ce qui veut dire, au choix, lire moins, regarder moins la télévision, glander moins sur internet, … et passer à l’action. En y réfléchissant bien, j’étais sûre que je pouvais me dégager au moins deux heures libres chaque jour – et cela tombe bien, deux heures, c’est à peu près ce dont j’ai besoin quand je suis dans un bon jour.

Est-ce que je sais écrire ? Je ne sais pas si j’ai un style de grand écrivain, un style qui ferait vendre des centaines de milliers d’exemplaires d’un roman. Mais est-ce que je sais aligner des mots qui composent ensuite des phrases et des paragraphes ? Oui, ça je sais faire. Mieux, j’aime ça. Alors si j’aime ça, pourquoi ne pas le faire ? Je ne suis pas toujours très douée quand je joue à un jeu vidéo et pourtant, tant que j’aime ça, je continue.
Je n’ai peut-être rien d’intéressant à dire à la face du monde, je ne défends pas une cause, une idée, mais j’ai quelque chose à me dire. Les personnages de mon NaNo 2015 vivent avec moi depuis plusieurs années. Au fil du temps, ils se sont construits, ont grandi. Cette année, je les sentais prêts. Eux, ils avaient des choses à raconter. Alors je leur ai fait confiance et je leur ai promis que cette année, on s’y mettait.

Je n’ai pas préparé ce que j’allais écrire. Je connaissais les grandes lignes du point de départ mais je ne voulais pas me bloquer en m’imposant un chemin à suivre. Et j’ai bien fait car je constate chaque jour que ce que l’on dit est vrai : ce sont les personnages qui décident. Depuis le temps, ils ont tellement grandi qu’ils ont une personnalité propre, indépendante de moi. Je les surprend à penser des choses que je ne pense pas, moi.

Par contre, j’ai préparé mon NaNoWriMo d’un point de vue de la méthode. J’ai parcouru les blogs de NaNoteurs, j’ai lu leurs conseils et notamment ceux très précieux des NaNoCoachs (de l’équipe officielle du NaNo) et j’ai compris une chose : le NaNo, c’est un événement à part. S’il s’annonce comme ayant pour but de vous faire écrire un roman en un mois, il n’a pas pour but de vous faire un écrire un roman que les éditeurs aduleront et que l’on retrouvera en librairie. Cela peut arriver, bien sûr, mais ce n’est pas le but premier. Le but, c’est de mener un projet d’écriture et de vous prouver à vous-mêmes que vous en êtes capable. A vous-mêmes et personne d’autre. Il est important d’écrire, il est important de sortir tout ce que vous avez à écrire et de ne surtout pas passer votre temps à vous relire en vous demandant si ce que vous venez de coucher sur le papier est bon. Ecrivez, encore et encore. Et prenez confiance en vous.

J’ai enfin compris cela cette année et jusqu’ici, ça marche. J’écris chaque jour un peu plus de 2.000 mots et je ne me relis pas (ou alors juste pour vérifier un détail, mais pas pour m’évaluer). Les quatre premiers jours ont été extraordinaires parce que je me suis senti pousser des ailes. Deux heures par jour, je me suis installée derrière mon ordi et j’ai écrit sans vraiment savoir m’arrêter. J’avais bien des choses à dire.

Jeudi, j’ai eu mon premier blocage. Je n’y ai pas passé deux heures mais quatre (vous me direz, j’ai le luxe du temps, ce n’est pas le cas de tout le monde). Avec le recul, je me suis rendu compte que j’étais sur un passage qui me coûtait beaucoup émotionnellement parlant et qu’il y avait quelque chose qui devait sortir et qui était bloqué en moi depuis longtemps. Je me suis véritablement sentie très mal et j’ai presque eu envie d’arrêter, de tout laisser tomber. Et puis, comme je n’avais rien de mieux à faire, j’ai tout de même voulu tenter le coup encore un jour. Oui, j’ai le luxe du temps. Mais ce que j’ai fait ce jour-là, vous pouvez aussi le faire en trois jours si vous n’avez pas autant de temps libre que moi. Il n’y a aucune règle, vous n’êtes même pas obligé d’écrire chaque jour.

Vendredi, le blocage est venu d’ailleurs. Ce jour-là, je n’avais pas le temps et, surtout, j’ai eu l’esprit bien trop occupé pour penser au NaNo. Au soir, pourtant, j’ai ressenti le besoin de retrouver mes personnages juste le temps de quelques minutes. A vingt-deux heures, j’ai donc écrit 300 mots. Et des 10.000 que j’avais écrit jusque là, ce sont ceux qui m’ont le plus aidées. Parce que cette fois, ça y était, j’avais compris quelque chose : j’avais besoin d’écrire et j’aimais vraiment cela. Ecrire commençait à me devenir aussi vital que manger, boire et dormir. Et c’est probablement l’état d’esprit le plus utile lors d’un NaNo – parce qu’après tout, il faut tout de même tenir un mois !

Ce weekend, c’est reparti. Une certaine méthode s’installe, je commence à réfléchir à plus long terme. Parce qu’après une semaine, je suis toujours là. Et déjà rien que ça, je n’y croyais pas. J’ai dépassé les 12.000 mots, je suis à un quart de l’objectif. Pour autant, je ne sais toujours pas si j’arriverai jusqu’au bout. Et c’est pour me donner un maximum de chance dans les trois derniers quarts que j’accepte enfin d’y réfléchir sérieusement.

Voilà pour la tartine. Je ne pensais pas être si bavarde mais je me rends compte que j’avais des choses à dire, à vous dire. Rendez-vous la semaine prochaine pour un second bilan et, d’ici-là; si vous avez des questions ou remarques, n’hésitez pas ! :)

 

4 Réponses

  1. Quelle belle avancée ! 12 000 mots même avec le “luxe” d’avoir du temps comme tu le dis, ce n’est pas rien, alors chapeau ! Je ne m’y suis pas mise aussi sérieusement que toi alors je trouve ça chouette de te voir évoluer. Avais-tu déjà une trame, une intrigue avant d’entamer le challenge? Moi pas du tout et c’est ce qui m’a bloqué. Je ne laisse pas pour autant tomber le challenge car le plus important pour moi est d’approcher pour la 1ère fois le NaNoWriMo et de voir ce que je suis capable de coucher sur papier. J’ai de mauvaises manies, dont me relire sans cesse…

    • Merci beaucoup !
      Je n’avais pas vraiment une trame, plutôt un point de départ pour mes personnages. Mais comme je les “connais” maintenant, je sais plus ou moins comment ils vont évoluer (mais je n’ai toujours pas de fin en tête, par exemple).
      Tu as raison de ne pas laisser tomber! Le plus important, c’est d’écrire et de voir ce dont on est capable, comme tu dis. Les 50.000 mots, c’est très accessoire. Quant à la relecture, ça c’est vraiment quelque chose qu’il faut laisser tomber. Enfin pour moi, en tout cas, c’était vraiment ce qui causait de gros blocages.
      Bon courage pour la suite ! :)

  2. Je me suis lancée dans l’aventure cette année aussi. J’avais raté le top départ en 2014 donc cette année, aucune raison d’y couper. J’ai “l’avantage ” d’être sans emploi actuellement donc j’ai tout le temps qu’il faut pour écrire (entre 2 et 4h, ça dépend de ma forme).
    Une fois les 10 000 mots atteints, je ne savais plus quoi écrire et j’ai eu peur du lendemain : je n’avais aucune idée de ce que je pouvais inventer. Et comme tu le dis si bien, les personnages ont pris le dessus et ont décidé pour moi si je puis dire :)
    Bon courage pour la suite ! J’ai dépassé les 15 000 mots aujourd’hui, I am on fire !

    • C’est super ! :) On est un peu dans la même situation donc, mettons notre temps à profit ! :D
      Bon courage à toi aussi !

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