« Mal fringuée » de Susie Morgenstern : des vêtements, pourquoi ? Comment ?

« Mal fringuée » de Susie Morgenstern : des vêtements, pourquoi ? Comment ?

30 juin 2014 0 Par Laura
Mal fringuée - Susie MorgensternActes Sud Junior, 2013 - Prix : 8€ISBN : 978-2-330-01487-2

Mal fringuée – Susie Morgenstern
Actes Sud Junior, 2013 – Prix : 8€
ISBN : 978-2-330-01487-2

La collection D’une seule voix des éditions Actes Sud junior prête aux confidences. Des textes courts, d’un seul souffle « Des textes à dire, à partager avec soi et le monde ». Susie Morgenstern, auteur jeunesse de renom, s’était déjà prêtée au jeu en se confiant sur sa relation avec sa petite-fille dans Tes seins tombent. Elle nous revient avec Mal fringuée, où elle parle de son adolescence.

Susie Morgenstern revient souvent sur son corps qu’elle a eu bien du mal à accepter, mais jamais encore elle n’avait parlé de sa relation avec ce qui le recouvre, ses vêtements. Dans Mal fringuée, elle explique qu’elle s’en passerait bien et pourrait tout à fait vivre nue. Mais les conditions climatiques pouvant varier des hivers neigeux à la chaleur torride des étés qui la transformerait en écrevisse, elle tolère les vêtements pour leur utilité. S’habiller, c’est donc juste une affaire de couches qui aident à lutter contre le froid et le chaud, rien de plus. Elle enfile les couches sans trop regarder, en essayant de camoufler son corps comme elle peut.

L’auteure revient sur son adolescence et explique comment son rapport aux vêtements a été conditionné par sa mère, qui n’aurait jamais daigné acheter une robe si elle n’avait pas été soldée. Véritable chasseuse des bonnes affaires, elle a transmis ce virus à sa fille qui confie aujourd’hui ne pas entrer dans un magasin de vêtements si le mot « soldes » n’est pas inscrit sur la vitrine. Susie tient également son goût pour l’accumulation de sa maman qui ne jetait rien, même si les fringues étaient devenues trop petites ou de mauvais goût. Du goût, elle n’en avait d’ailleurs que peu – ou du moins n’était-il pas à la mode. Elle associait les textures et couleurs sans trop y faire attention et est restée dans la mémoire de ses anciens camarades d’école comme étant « originale » – le temps atténue les mots tout comme les maux.

Susie Morgenstern est très forte pour nous parler d’elle tout en parlant de nous. Elle se rappelle à elle-même qu’elle doit avant tout être bien dans son corps, bien dans ses baskets, mais elle sait que ce n’est pas si simple, que c’est un combat de tous les jours. Petite, elle rêvait sur les modèles de robes de mariées, sur les mannequins adolescentes qu’elle voyait dans Seventeen. Aujourd’hui, elle est passée aux nouvelles technologies et continue de rêver. Elle s’est fait des boards Pinterest où elle suit la mode : le réaliste, avec des tenues qui lui iraient, et le rêveur qui reprend toutes les tenues de mannequins qu’elle aime mais dans lesquelles elle ne saurait pas entrer. Le réaliste compte 40 photos, le rêveur 700. Un combat de tous les jours, donc, mais également d’une vie entière.