L’innocence des bourreaux – Barbara Abel

Classé dans : Romans pour adultes | 9

innocenceDans une supérette de quartier, quelques clients font leurs courses. Il y a Aline, en conflit permanent avec son fils adolescent, Théo. Il y a Germaine, une vieille râleuse, et Michèle, son aide familiale. Il y a aussi Léa, une jeune maman qui a laissé son petit garçon devant la télé le temps d’aller vite acheter des couches. Il y a encore un couple adultère et, bien sûr, le caissier.
C’est une journée comme un autre ; chacun vaque à ses occupations, chacun fait ses petites courses, la tête pleine de ses préoccupations.
Et puis entre Joachim, jeune drogué en maque qui a besoin d’argent pour se procurer sa dose. Il sort son arme et hurle :
- « Tous à terre ! Le premier qui bouge, je le bute ! »
Le temps s’arrête pour les clients comme pour le lecteur. A ce moment débute un huis clos comme en apesanteur. Vous n’osez pas bouger un orteil, vous respirez le plus doucement possible. Vous êtes avec eux, couché sur le sol froid de cette supérette. Chacun se regarde, personne ne parle. Vous priez pour que personne ne veuille jouer les super-héros, c’est pas le moment de déconner les gars, putain, il a une arme.
Et tout bascule. Parce qu’on ne sait jamais comment on réagira. Parce que là, à huit otages contre un bourreau, on n’est pas à l’abri que l’un ne joue au con. Parce qu’en cas de peur, tout peut exploser, basculer. Victime, bourreau, la frontière est mince et peut parfois disparaître. Et c’est ce qu’il se passe dans cette petite supérette.

 

L’innocence des bourreaux est mon premier roman de Barbara Abel. J’avais déjà souvent entendu parler de ma compatriote mais c’est son interview sur la première qui m’a donné envie de découvrir sa plume. Et quel plaisir !

 

J’étais un otage dans ce magasin. J’ai vécu trois cent pages en apnée, passionnée. J’avais peur de ne pas supporter le stress (je suis vraiment une petite nature) mais j’ai aimé découvrir les otages un par un, dans leur vie avant qu’ils ne mettent les pieds dans la supérette, d’abord, et durant la prise d’otage ensuite.
Barbara Abel a le sens du cliffhanger. Elle dit être passionnée par les séries télé américaines et je veux bien la croire. Chaque fin de chapitre est comme une fin d’épisode. Vite, la page suivante, vite savoir ce qu’il va se passer après ce nouveau bouleversement. Car il y en a ! J’ai eu beau essayer de deviner ce qu’il allait se passer, j’ai fini par rendre les armes et me laisser porter par cette vague d’horreur. Passionnée, j’ai dévoré ce roman et repris goût aux thrillers. Un must pour cet été !

 

Un tout grand merci à Babelio pour son opération Masse Critique et aux éditions Belfond !

9 Réponses

  1. Oh mais tu ne me donnes bien envie avec ce nouveau titre de Barbara Abel !! J’avais adoré “Derrière la haine” et je voulais en lire un autre d’elle, alors je crois que maintenant mon choix est fait ! :) Merci pour cette chronique !

    • Après cette lecture, j’ai foncé sur “Derrière la haine” que j’ai dévoré. Maintenant je suis dans la suite, “Après la fin”, tu l’as lu ?

  2. Voilà un billet qui donne vraiment envie. J’ai lu un roman de cette auteur, qui m’a globalement plu même si je trouvais les personnages pas assez fouillés. On dirait qu’ici, elle a fait beaucoup mieux.

    • Lequel avais-tu lu ? Je suis en train de lire “Après la fin”, après avoir dévoré “Derrière la haine”.

  3. Je l’avais sélectionné également pour la masse critique mais je n’ai pas été sélectionné pour celui-ci mais pour un autre de mes choix, du coup je l’ai acheté d’occasion celui-ci.

  4. Tu me donnes bien envie!!! Je le note. :)

  5. Après avoir lu ta critique, aperçu en librairie, j’ai craqué… Et un de plus sur la pile, un. =)

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