« Les géants » de Benoît Minville

« Les géants » de Benoît Minville

6 novembre 2014 0 Par Laura
Les géants - Benoît MinvilleSarbacane, 2014 - Prix : 15,50€ISBN : 978-2848657561

Les géants – Benoît Minville
Sarbacane, 2014 – Prix : 15,50€
ISBN : 978-2848657561

Mais qui sont les géants ? Deux familles, deux clans qui se serrent les coudes, liés par les pères et leurs fils, Marius et Esteban, deux copains depuis toujours.

Marius et Esteban sont des enfants de l’océan, des surfeurs aguerris. Libres sur leurs planches comme sur la terre ferme. Mais Marius, c’est l’océan qui l’appelle, c’est à lui qu’il appartient. Depuis des mois, il retape le Lord Jim, un voilier qui a déjà fait trois fois le tour du monde et avec lequel il compte bien prendre la mer. Partir, travailler là où on aura besoin de lui, être son seul maître. Se trouver, aussi, car depuis le bac, il n’a jamais vraiment su quelle route il devait prendre.

Le bac, c’est sa sœur qui le révise maintenant. Alma cherche elle aussi sa place et se débrouille plutôt bien dans cette famille où le patriarcat commande. Après en avoir morflé avec son ex-petit ami, elle file aujourd’hui le parfait amour avec Esteban … dans le plus grand secret.

Esteban a peur de la réaction qu’aurait son meilleur ami s’il l’apprenait mais c’est bien la seule chose qu’il n’ose pas affronter. Car au quotidien, Esteban se mouille, se donne pour sa famille. Il encaisse les responsabilités, même celles que son père fuit. Il passe beaucoup de temps avec son frère, Bartolo, et leur relation est magnifique. Bartolo est le vilain petit canard de la famille. Diagnostiqué légèrement autiste, il fait peur à son père qui préfère lui coller un écran entre les mains pour ne pas avoir à passer du temps avec lui, à lui parler.

Chez Marius, on a beau parler on ne dit pas tout. Lorsqu’un soir, un homme se présente chez eux, Marius découvre que son grand-père qu’il croyait mort était en fait en prison. Le père de Marius a voulu couper les ponts avec lui, tirer un trait sur son enfance dans le milieu des hors-la-loi. César était un gangster, un vrai, genre Mesrine. Pour le père de Marius, il était vital de commencer une nouvelle vie, de repartir à zéro, en toute légalité. Mais était-ce vraiment possible ?

Eh bien, Benoît Minville ! N’ayant pas encore lu Je suis sa fille, je partais de zéro, ne connaissant rien au style de l’auteur. Comment suis-je aujourd’hui, après l’avoir enfin découvert ? Sous le charme. Pourtant j’avais peur. Je ne suis pas très bandit, pas plus que vengeance qui se mange froide. Vingt ans après, on peut dire qu’elle est gelée, cette vengeance ! Je ne partais pas conquise par l’histoire de César et son passé de gangster et, il faut bien l’avouer, ce n’est pas l’aspect du roman que j’ai préféré.
Mais Marius. Mais Esteban. Alma. Bartolo. Eux m’ont conquis ! La jeunesse lucide, la jeunesse qui sait que tout n’est pas rose, qui se bat au quotidien, qui croit en ses rêves, qu’ils soient petits ou grands. Cette jeunesse-là m’a parlé et a attendri mon cœur. Telle Alma, je suis tombée sous le charme d’Esteban et sa relation avec son frère. Et Marius, c’est la liberté, le vent dans les cheveux, l’océan. Le tout servi dans un décor dont je ne connaissais absolument rien mais qui m’a drôlement donné envie de visiter la côte basque. Merci Benoît Minville, merci Sarbacane, je ne m’arrête jamais de voyager avec vous !