Les derniers jours de Rabbit Hayes – Anna McPartlin

Classé dans : Romans pour adultes | 0

Je traîne beaucoup moins en librairie depuis quelques mois mais, de temps en temps, j’y fais encore un saut pour m’en mettre plein les mirettes et me donner l’illusion que je me tiens au courant de l’actualité littéraire – en vrai, je suis complètement larguée.
Avec sa couverture campagnarde, Les derniers jours de Rabbit Hayes m’a assez vite tapé dans l’oeil et, comme je suis une lectrice avec bien plus de stéréotypes que je ne veux bien le reconnaître, je me suis dit “non mais encore un de ces livres avec une super couverture mais qui ne vaut rien”.

Je l’ai vu passer un peu partout sur Instagram, sur les blogs, sur Twitter et je me suis dit “peut-être que je passe à côté de quelque chose” – eh oui, je suis parfois vilaine mais je sais changer d’avis ! :D
J’ai entendu dire que c’était un livre qui faisait beaucoup de bien et j’ai pensé que c’était exactement ce que j’avais envie de lire et donc, je l’ai lu. lesderniersjours

De quoi ça parle ?

Je vous le dit d’emblée parce que je sais que sinon vous me le direz vous-mêmes : ce n’est pas un sujet très très joyeux.
Rabbit Hayes a quarante ans, est mère célibataire de Juliet, une adorable pré-ado, et doit malheureusement faire face à une récidive d’un cancer du sein qui se propage dans son corps et qui est en train de gagner la bataille. C’est pourquoi le roman s’ouvre sur l’entrée de Rabbit dans un centre de soins palliatifs. Je vous l’accorde, on pourrait lire un roman avec un pitch plus joyeux.

Alors pourquoi lire Les derniers jours de Rabbit Hayes ? Eh bien parce que si le contexte n’est pas joyeux, ces derniers jours essaient de tendre vers un peu de bonheur, la joie d’être en famille et de profiter des derniers instants. Pour Rabbit, c’est la fin et, elle le dit elle-même, elle n’a plus le temps. Plus le temps d’être en colère ou de pleurer, même si, bien sûr, cela lui arrive encore. Seule compte sa fille à qui elle ne sait pas comment annoncer qu’elle ne sera bientôt plus là.

A douze ans, Juliet ne sait pas tout. Contrairement aux autres, elle ne se rend pas compte qu’avoir retrouvé sa mère étendue inconsciente sur le sol de la cuisine est un très mauvais signe. Elle ne se rend pas compte que la fracture ouverte de sa mère est la preuve physique que le cancer s’est attaqué aux os. Les détails médicaux, elle s’en fiche. Tout ce qui l’intéresse, c’est de savoir quand est-ce que sa mère va rentrer à la maison pour qu’elle puisse prendre à nouveau soin d’elle. Elle n’a peut-être que douze ans mais elle n’a besoin de personne pour s’occuper de sa maman ; elle sait cuisiner, faire le ménage, veiller sa maman malade. Juliet est tout ce qu’il faut à sa maman et sa maman est tout pour elle.

Ce que j’en ai pensé

Ce n’est pas parce que les adultes, parents, frère et soeur, amis de Rabbit savent ce que signifient les soins palliatifs qu’ils sont prêts à accepter son départ. Chacun aura son chemin à faire durant les jours qu’il lui reste à vivre pour accepter que, cette fois, la maladie a gagné. Aussi combative soit Rabbit, cette fois-ci, elle ne peut plus rien. C’est douloureux, on n’en doute pas, et on a le cœur serré, les larmes aux yeux, de lire la souffrance de Jack et Molly, les parents si cool à qui la vie joue un sale tour. Rabbit n’était pas censée être la première à partir, surtout qu’elle était la dernière arrivée dans fratrie, à jamais la petite soeur de Davey et Grace.

Mais la famille Hayes a une arme face à cette épreuve : l’amour. C’est bateau, oui, mais les membres de ce clan forment une famille très attachante et l’amour est au coeur de chaque discussion. Il y a de nombreux dialogues dans ce roman et, si je ne suis pas toujours friande de cette forme de narration, je me suis régalée de chaque joute verbale. Les Hayes aiment se lancer des piques et vu leur caractère, on se régale ! Seul Jack, le patriarche, est un peu plus baba cool, semblant se cacher derrière son épouse – mais ce n’est qu’une impression, il est debout aux premiers remous !

On découvre les personnages au chevet de Rabbit et dans les souvenirs qui peuplent son sommeil. A chaque fois qu’elle ferme les yeux, Rabbit revit son passé. Le fil de son enfance et adolescence se déroule, revivant sa première et unique histoire d’amour. On ne sait pas où on va, même si on se doute de l’issue fatale du roman, et on se laisse porter par la vie de cette jeune femme que tout le monde ne peut qu’aimer, finissant par la pleurer comme l’une des nôtres – à moins que l’on ne soit devenu l’un(e) des leurs ?

Les derniers jours de Rabbit Hayes entre dans la catégorie “un roman avec un animal dans le titre” (ah ben oui :D ) de mon challenge lecture 2016

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