“Le passeur” de Loïs Lowry

Classé dans : Romans pour ados | 1
Le passeur - Loïs LowryL'école des loisirs, 2014 - Prix : 8€ISBN : 978-2211208345
Le passeur – Loïs Lowry
L’école des loisirs, 2014 – Prix : 8€
ISBN : 978-2211208345

Je ne suis pas une grande historienne de la littérature pour enfants et adolescents mais, publié pour la première fois en 1992, Le passeur de Loïs Lowry doit être l’une des premières (si pas la première !) dystopie pour adolescents. Et à ce titre, il est un incontournable !

Dans le monde dépeint par Loïs Lowry, l’individu n’existe plus. Les inégalités non plus, d’ailleurs, puisque tout est pour la communauté et contrôlé par la communauté. Personne ne choisit son métier, tout comme personne ne choisit son époux. Tout cela, c’est la communauté qui s’en occupe. Des grands sages observent chaque personne dès sa naissance et décide de ce qui sera le mieux pour lui. La procréation est également contrôlée et confiée à des « mères porteuses » dont c’est le métier. Les bébés sont élevés à la nurserie et confiés à une famille lors de la cérémonie des 1 an, chaque famille ne pouvant demander que deux enfants.

Pas d’individu, cela veut également dire pas de fête d’anniversaire individuelle. Chaque année, tous les enfants sont fêtés le même jour lors d’une grande cérémonie. Les enfants sont regroupés en groupes d’âge : les 1 an, 2 ans, 3 ans, jusque 12 ans, l’âge où l’on arrête de compter.
Chaque année, la cérémonie leur accorde quelque chose : le droit de faire du vélo, de commencer le bénévolat, etc. Cette année, Jonas a 12 ans et va donc recevoir son affectation de travail. Il est un peu angoissé, d’autant que contrairement à certains de ses amis, il est difficile de dire en quoi Jonas serait vraiment doué. Curieux de tout, très aimable, il se sent bien à peu près partout sans avoir jamais su trouver sa place. La cérémonie se passe et le nom de Jonas n’est pas cité. Que se passe-t-il, l’aurait-on oublié ?

Jonas est finalement appelé, après tout le monde. Les sages ont une annonce spéciale à faire le concernant : Jonas a été nommé nouveau dépositaire de la mémoire. Personne ne sait vraiment lui dire ce dont il s’agit mais tout le monde s’accorde sur l’importance de cette fonction. C’est auprès du Passeur qu’il fera son apprentissage, lui seul détient les clés de la mémoire.
Dans la communauté, il n’y a pas d’individu. Tout le monde est à la même enseigne, même lorsqu’il s’agit des souvenirs. Dans la communauté, il n’y a pas d’inégalités, pas de malheur. Personne ne sait même ce que cela fait, la vraie douleur – le bonheur non plus, d’ailleurs. Seul le dépositaire de la mémoire a accès aux souvenirs, à la connaissance. Il est le seul à posséder des livres, le seul à porter la mémoire de son peuple. Pourquoi ne pas la confier aux autres ? Pourquoi garder la communauté dans l’ignorance ? On dit que c’est pour le bien de tous, pour qu’ils n’aient pas mal. Mais est-ce vrai ? A travers sa formation, Jonas va découvrir de douloureux secrets. Petit à petit, une question va naître : comment vivre dans ces conditions, en en sachant désormais autant ?

Le passeur de Loïs Lowry est typiquement le genre de livres dont on me parle tellement que je n’ose plus l’ouvrir. J’ai attendu une période calme pour enfin me lancer et je ne l’ai pas regretté. Le passeur est une très bonne entrée en matière dans le monde de Jonas ? Une entrée ? Oui car il a été suivi de trois tomes ! Je ne manquerai d’ailleurs pas de les lire tant j’ai apprécié la personnalité de Jonas. Il est bien loin des héros des dernières dystopies à la mode – peut-être parce qu’il est plus jeune.
Jonas voit ses certitudes valser et doit prendre des décisions dont il ne connaît pas l’impact possible mais ce n’est pas pour autant une tête brulée. C’est un jeune garçon très altruiste, guidé par l’amour qu’il vient de découvrir.

Les pages se tournent à toute vitesse mais Loïs Lowry prend le temps de poser les bases du monde qu’elle nous décrit. Il reste bien sûr beaucoup de questions sans réponse à la fin de ce premier tome mais beaucoup d’informations ont déjà été données pour permettre de comprendre cette communauté si particulière. Certains indices sont finement amené, c’est pourquoi moins vous en saurez avant d’ouvrir ce roman et plus vous pourrez le savourer. Car c’est un livre à lire et à faire lire, sans aucun doute. Je donne raison à tous ceux qui m’en parlaient !

A noter qu’une adaptation ciné est sortie cette année. Certains l’ont-ils vue ?

Une Réponse

  1. Ton billet est très inspirant. Contente que tu aies aimé. J’en ai aussi parlé là: http://hopsouslacouette.blogspot.ca/2014/08/le-passeur.html

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