« Le passage du diable » de Anne Fine : quand l’atmosphère se fait pesante

« Le passage du diable » de Anne Fine : quand l’atmosphère se fait pesante

1 août 2014 2 Par Laura
Le passage du diable - Anne FineEcole des loisirs, 2014 - Prix : 17,50€ ISBN : 978-2211209830

Le passage du diable – Anne Fine
Ecole des loisirs, 2014 – Prix : 17,50€
ISBN : 978-2211209830

Depuis son plus jeune âge, Daniel a vécu enfermé avec pour seule compagnie ses livres et sa mère. C’est elle qui l’a gardé à l’écart, au calme, ne cessant de lui répéter qu’il était gravement malade et qu’il lui fallait du repos. Un mal étrange qui n’étais pas visible mais malgré cela, Daniel la croyait ; comment douter d’une mère qui ne vous veut que du bien ?

Mais un jour, la vérité éclate. Des voisins l’ont aperçu dans le jardin et, intrigués, ont prévenu le médecin. Celui-ci se rend au chevet de Daniel et, après avoir constaté que le jeune garçon n’avait aucun souci de santé, le prend sous son aile. La mère, quant à elle, est emmenée à l’asile où elle se révèle être une patiente instable et en proie à de terribles angoisses ; elle n’en démord pas, son fils est sous le coup d’une malédiction.

De sa vie d’avant, Daniel n’a gardé qu’une maison de poupées, censée être la réplique exacte de la maison de famille dans laquelle sa mère a grandi. Une maison de poupées qu’il a fait venir dans la maison du docteur pour l’offrir à la plus jeune fille de celui-ci. Les deux enfants s’amusent de longues heures avec les petites poupées de bois, leur inventant mille histoires. Mais bientôt, voilà que leurs jeux ne sont plus aussi légers qu’avant. A certains moments, ils s’énervent l’un et l’autre, le ton de leurs voix se fait plus dur. Ils sentent que quelque chose leur échappe, comme si les poupées avaient une influence sur eux, comme si elles étaient dotées de leur propre volonté. Mais ce n’est pas possible, bien sûr, ce ne sont que des poupées. La visite de Daniel dans la maison familiale, celle qui a inspiré la reproduction miniature, pourra peut-être éclairer ce mystère …

L’atmosphère du Passage du diable est pesante, dérangeante. Le lecteur n’aura pas de mal à croire à cette étrange malédiction tant il est indéniable que quelque chose se trame. La mère aimante de Daniel n’a pas pu le garder loin du monde sans raison, elle ne peut pas être aussi dérangée qu’on le dit ou alors c’est un élément qui nous est inconnu qui l’a rendu ainsi. Les cent premières pages sont plaisantes, installent l’intrigue de sorte que le lecteur se laisse aller à de nombreuses suppositions. Mais très vite, l’histoire se révèle bien trop prévisible. On continue à lire, persuadé que quelque chose va venir bouleverser nos convictions, que le récit empruntera une pirouette pour se terminer en apothéose. Hélas, il n’en est rien.

Daniel est un jeune héros auquel on s’attache assez facilement mais il y a malgré tout quelque chose qui cloche ; il est trop adulte, trop réfléchi pour un gamin de onze ans. Il ne faudrait pas oublier qu’il n’a jamais connu le monde extérieur ! Il semble pourtant s’y acclimater sans problème.
Les filles du docteur Marlow, quant à elles, ne sont que de pâles copies des filles du docteur March. Seule Sophie, la dernière, apporte un peu plus de légèreté au récit de par ses remarques impertinentes.

Un roman qui se rapproche des classiques du genre mais qui ne restera pas dans les mémoires.