Le livre des Baltimore – Joël Dicker

Classé dans : Romans pour adultes | 1

Y a-t-il encore des gens dans la salle qui n’ont pas entendu parler de Joël Dicker et de La Vérité sur l’affaire Harry Québert ? J’ai comme un doute mais si tel était le cas, je vous invite à utiliser votre ami Google. Si j’en parle, c’est parce que Le Livre des Baltimore, en plus d’être le nouveau roman de cet auteur best-seller, présente le même personnage principal et narrateur : Marcus Goldman.

baltimore
J’avais vraiment beaucoup aimé La Vérité sur l’affaire Harry Québert, véritable page-turner, et avais donc assez hâte de découvrir le roman de Joël Dicker. J’ai d’abord eu quelques réticences lorsque j’ai appris qu’il s’agissait encore une fois de Marcus Goldman parce que si j’avais envie de retrouver la plume de Dicker, je souhaitais changer d’ambiance. L’affaire Québert était bouclée, j’avais envie de passer à autre chose. Heureusement pour moi, s’il s’agit bien du même narrateur, il ne raconte pas du tout le même genre d’histoire. Cette fois-ci, c’est de sa famille que Marcus parle – et il n’est donc pas nécessaire d’avoir lu le premier pour lire le second, les deux livres étant complètement indépendants l’un de l’autre.

Marcus Goldman nous parle donc de sa famille. D’un côté, il y a son père, sa mère et lui, les Goldman-de-Monclair dans le New Jersey. De l’autre, ses oncle, tante et cousins qui constituent les Goldman-de-Baltimore. Marcus revient sur leur histoire et commence donc naturellement par leur enfance qui, comme bien souvent, joue un rôle clé dans l’histoire.

Depuis tout petit, Marcus est en adoration devant les Goldman-de-Baltimore, au point de trouver ses parents bien fades à côté de son oncle et sa tante. La raison principale ? Les Baltimore ont tout pour eux. L’argent, la belle maison, l’appartement de vacances dans un immeuble très très chic, … même leur vie, sans considération économique, est mieux. Tout est mieux chez les Baltimore, tout est plus brillant, plus vert. Qu’est-ce qu’il ne donnerait pas pour être un Baltimore !

En découvrant le quotidien de ces deux familles, on ne peut s’empêcher de penser que Marcus est tout de même bien injuste avec ses parents. Son oncle est un brillant avocat à qui tout semble réussir, certes, mais son père n’est pas en reste non plus, il est tout de même ingénier et assure lui aussi un certain confort à sa famille. Marcus enfant a plus de mal qu’un adulte à se rendre compte de ce genre de choses car l’apparence compte plus pour lui, tout est pris au premier degré, mais les Montclair ne manquent vraiment de rien.

Les cousins grandissent ensemble malgré les heures de route qui les séparent. Marcus va passer les vacances et les longs weekends chez les Baltimore, touchant du doigt leur réussite et en profitant autant qu’il peut. A eux trois, ils sont plus forts que tout, rien ne séparera jamais le Gang des Goldman. C’est l’Amérique des années 1990, l’Amérique glorieuse pré 11 septembre et les Goldman grandissent dans l’insouciance. Dès le début du roman, Marcus nous annonce que cette gaieté n’a duré qu’un temps, qu’un Drame est venu détruire la famille mais il faudra bien sûr attendre la fin du roman pour le savoir.

Des drames, il n’y en a pas eu qu’un, bien sûr. Les Baltimore ont beau l’air de transformer tout ce qu’il touche en or, il n’en reste pas moins humains. Cela, c’est le Marcus adulte qui s’en rendra compte, le petit Marcus n’ayant pas le recul nécessaire pour le voir.

C’est un peu cela, le sujet de fond du Livre des Baltimore, le fait que la vision d’un monde peut être bien différente selon qu’on le regarde avec des yeux d’enfants ou d’adultes. D’ailleurs, avec Marcus tout est un peu blanc ou noir. Sans regretter ma lecture, je reconnais que je suis déçue car j’ai trouvé que l’on restait trop dans le superficiel. De la part du petit Marcus, c’est normal, c’est le premier degré des enfants qui prend tout ce qu’il voit sans chercher ce qu’il se cache derrière les apparences. Mais, alors que Marcus grandit, ses observations ne se font pas beaucoup plus fouillées. Les membres de la famille restent à peine ébauchés, tout ce qui leur arrive est très prévisible. C’est bien normal dans un roman familial, je ne demande pas une succession de rebondissements tous plus abracadabrantesques que les autres. Par contre, j’avais bien envie d’entrer dans le roman pour dire à Marcus qu’il n’était peut-être pas nécessaire d’employer un ton si dramatique. La vérité, c’est que Marcus m’avait déjà fait l’effet d’un Calimero avec des yeux de petit chien triste dans Harry Québert et qu’il est resté fidèle à lui-même.

Je ne reproche rien à Joël Dicker. C’est un écrivain que je trouve très sympathique en interview et comme j’ai beaucoup d’empathie, cela joue sur ma perception de ses livres, Tout comme son personnage, il reste fidèle à lui-même, à son style, à ce qu’il sait bien faire. C’est déjà pas mal pour un écrivain qui a vendu plus de 3 millions d’exemplaires d’un roman, non ? Le Livre des Baltimore me laisse un goût de déception mais c’est uniquement parce que je n’ai pas accroché à l’histoire, ce n’est absolument pas lié à l’écriture qui est toujours aussi fluide et agréable. On se revoit pour le prochain, Joël ?

Et vous ? Avez-vous cédé à ce best-seller de rentrée ? Qu’en avez-vous pensé ? :)

Une Réponse

  1. Encore préféré au precedent pour moi, car les secrets, non-dits sont toujours latents et on est tenu en haleine jusqu au bout. Les destins qui tournent, le sort qui n’epargne personne… ge plaisir à lire pour moi, sans le poser presque…

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