La route des coquelicots : le premier roman de Biefnot-Dannemark

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La route des coquelicotsBiefnot-DannemarkLe Castor Astrak, 2015 - Prix : 17,90€ISBN : 979-1027800148
La route des coquelicots
Biefnot-Dannemark
Le Castor Astrak, 2015 – Prix : 17,90€
ISBN : 979-1027800148

Bonjour ! Pour débuter la semaine, je vous reviens avec un roman pour adultes, La route des coquelicots, premier roman du tandem Biefnot-Dannemark.

Je vous avais déjà parlé de Véronique Biefnot et Francis Dannemark l’année dernière, lors de la sortie de Aux anges, le dernier roman de Francis Dannemark. A l’époque, je vous expliquais que certains personnages de ce roman étaient sorti de leurs pages pour rendre visite à ceux de Véronique Biefnot dans son roman Là où la lumière se pose – et réciproquement !
L’expérience n’en était qu’à ses balbutiements. Alors qu’ils travaillaient ensemble sur une éventuelle adaptation cinéma du roman de Francis, Histoire d’Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris plus un) – adaptation qui ne verra malheureusement jamais le jour – les deux auteurs ont découvert un nouveau bonheur : celui d’écrire ensemble.

En librairie ce printemps, La route des coquelicots est le premier (et sûrement pas le dernier) roman écrit à quatre mains. Une expérience littéraire qui, on le devine, a dû être passionnante pour les deux, et qui se révèle plutôt intéressante pour les lecteurs qui les connaissaient déjà séparément.
La route des coquelicots, c’est la route qu’empruntent Olena, jeune ukrainienne de vingt-sept ans, et trois octogénaires. Olena est une immigrée sans-papier mais a réussi à trouver un emploi dans un home pour personnes âgées en France. C’est là qu’elle a rencontré Flora, Henriette et Lydie, trois femmes qui ont toutes un parcours de vie bien différent et que la vie a pourtant réuni pour leurs dernières années. Il y aussi Théo et Charles, autres résidents, qui les aideront à concrétiser ce road-trip un peu fou. Leur itinéraire de voyage ? Partir du nord de la France pour rallier la frontière commune à la Pologne et l’Ukraine où elles iront chercher Milena, la petite fille d’Olena restée au pays. De là, la fine équipe reprendra la route vers le Portugal pour retrouver Vassili, le mari d’Olena qui est parti y travailler il y a trois ans.

Si les trois octogénaires accompagnent Olena, c’est parce que trois vieilles dans une voiture passeront bien plus inaperçues aux postes de frontière qu’une immigrée ukrainienne. Vous avez dit « postes de frontière » ? Mais l’Europe, ma bonne dame, l’espace Shengen, tout ça ! Dans La route des coquelicots, point de libre circulation des personnes car le roman se déroule en 1992. Point de téléphone portable ni d’internet non plus, qui rendraient cette histoire bien plus invraisemblable.

Alors est-elle pour autant réaliste ? C’est là que le bât blesse en ce qui me concerne. Le roman de Véronique Biefnot et Francis Dannemark est très sympathique, plaisant à lire et résolument optimiste (une des caractéristiques des écrits de ce dernier). Flora, Henriette et Lydie ont su toucher la corde sensible de la lectrice que je suis car ma vie personnelle a fait que j’ai une certaine expérience des homes et de la vie des personnes âgées. Ce roman arrive au plus mauvais moment dans ma vie et je ne peux donc m’empêcher de le trouver « trop » : trop surréaliste, trop facile, trop joyeux. Les multiples critiques que j’ai lues sont enchantées de ce « feel good book », tellement nécessaire à une époque où les nouvelles sont bien souvent grises. Il en faut, c’est vrai, et je reconnais que j’ai passé un bon moment en compagnie de ces personnages qui m’ont souvent fait sourire. Mais le sujet m’évoque trop pour que je me laisse porter par l’écriture sans me poser de questions. Je voudrais une vie si belle, une vieillesse si facile, mais je ne la connais pas et c’est pourquoi La route des coquelicots m’a parfois fait plus de mal que de bien.

Mais j’y reviendrai, promis ! Je garde ce roman bien au chaud dans ma bibliothèque et le ressortirai dans quelques années, lorsque le sujet ne me sera plus aussi sensible. Je vous en fais la promesse, Francis et Véronique.

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