“La gueule du loup” : Marion Brunet dans une ambiance thriller

Classé dans : Romans pour ados | 3
La gueule du loup - Marion BrunetSarbacane, 2014 - Prix : 15,50€ISBN : 978-2-84865-709-7
La gueule du loup – Marion Brunet
Sarbacane, 2014 – Prix : 15,50€
ISBN : 978-2-84865-709-7

Au début de l’été, je vous avais parlé de Frangine, premier roman de Marion Brunet. Quoi de mieux pour terminer la saison que de présenter son nouveau roman, paru lui aussi dans la collection Exprim’ de Sarbacane, La gueule du loup. Dans Frangine, l’auteur nous parlait d’un frère, d’une sœur et de l’amour qui les liait. La gueule du loup, lui, est un roman d’amitié, la vraie, celle qui sauve, celle qui nous rend dingue parfois mais qu’on ne lâcherait pour rien au monde.

Mathilde et Lou sont la représentation de cette amitié. Elles ont dix-huit ans, le bac en poche, et sont parties à Madagascar, prêtes à vivre de folles aventures avant d’entrer à la fac. Ça, c’est le plan qu’a monté Mathilde ; les folles aventures, c’est son truc. Mathilde vit à cent à l’heure, part dans tous les sens, ne s’arrête jamais. Etourdie par le vaste champ des possibles, elle voudrait pouvoir tout faire, ne rien écarter, tout décider – et emmerder un peu sa mère au passage.

Lou râle derrière mais fini toujours par la suivre. C’est rassurant, tout compte fait, de se laisser porter par la vague, emportée par la tornade Mathilde. Elle est plus calme, Lou, plus réservée, paraît plus peureuse aussi. Peut-on vraiment le lui reprocher ? On ne peut que comprendre sa peur de se tromper de chemin, sa peur de découvrir dans dix, vingt, trente ans, que ce n’est pas la vie qu’elle voulait.

L’aventure ne va pas tarder à arriver. Une aventure comme on ne voudrait pas en vivre, personnifiée par un Loup, un homme blanc brutal, violent, sadique même. Il aime faire mal, il joue de la peur qu’il procure aux filles. En voulant aider une jeune malgache, Mathilde et Lou vont devenir les cibles de cet homme dangereux. Leur été prend alors des allures de thriller, elles se retrouvent dans une course effrénée, une fuite dans l’intérieur des terres pour survivre. Et nous, lecteurs, nous courons à leurs côtés, tournant les pages de plus en plus vite pour ne pas les lâcher, comme si nos yeux rivés sur les mots pouvaient les sauver.

Marion Brunet sait créer des personnages attachants. Mathilde et Lou, c’est nous, c’est la personnification de nos doutes. Elles ont parfois l’air un peu caricaturales, ces deux amies, mais je les vois comme la personnification de nos contradictions. La fin du lycée est autant excitante qu’elle n’est angoissante et c’est peut-être la première fois qu’il nous faut prendre une grande décision qui pourrait bien influencer notre vie entière. Et comme à chaque décision, le cœur et la raison se chamaillent. Voilà ce que sont Mathilde (le cœur) et Lou (la raison). Sacrées filles !

Un très bon roman, donc ? Presque. Je reste mitigée quant à la fin du roman. Je ne m’étendrai pas pour ne pas la dévoiler mais je la trouve un peu facile, un peu trop simple. Peut-être mon cœur s’est-il mis en silencieux pour laisser parler la raison mais j’aurais aimé que l’aventure se termine avec une réalité noircie et non rayonnante comme si de rien n’était. L’été laissera quelques séquelles, je n’en doute pas, et peut-être aurait-il fallu suivre les filles pendant quelques pages encore ? Ou bien peut-être faut-il tout simplement les laisser vivre et accepter de les quitter à ce moment ? C’est vrai que ces temps-ci, mes lectures m’invitent de plus en plus à préférer cette option.

3 Réponses

  1. Une fin facile, c’est vrai. Et aussi abrupte et frustrante. Je me suis mise à espérer un tome 2, même !
    J’ai vraiment aimé ce roman : il m’a prise aux tripes avec cette intrigue pas originale incrustée dans un cadre hyper original…
    Par cette occasion je découvre ton blog et je vais donc aller farfouiller :)

  2. Ta critique est superbe, je la trouve vraiment intéressante. J’ai beaucoup aimé ce roman qui m’a prise aux tripes (et je sors d’un coup de cœur avec Dans le désordre). Il ne me reste donc plus qu’à découvrir Frangine !

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