La fille d’avril – Annelise Heurtier

La fille d’avril – Annelise Heurtier

20 mai 2019 2 Par Laura

Nous sommes en France dans les années 1960. Catherine est une jeune fille de famille ouvrière, brillante élève qui a même obtenu une bourse pour étudier dans un bon lycée. Mais peu importe ses résultats, son avenir est déjà tout tracé : elle se mariera, aura des enfants et sera une bonne mère et épouse.
Catherine n’avait jamais vraiment remis tout cela en question, elle ne s’en préoccupait pas. Jusqu’à ce qu’un soir, alors qu’elle rentre à pied de l’école, elle se mette à courir. Arrivant chez elle les cheveux défaits et les joues rouges, elle reçoit la colère de son frère en plein visage. Une fille, ça ne court pas ! C’est vrai ça, même aux Jeux Olympiques on n’en voit presque pas – et surtout pas sur de longues distances !

Alors Catherine se renseigne, essaie de poser des questions à droite à gauche : pourquoi les filles ne peuvent-elles pas courir ? Il paraît que ce serait mauvais pour leur utérus … L’utérus ? Ca, on n’en parle même pas, ni à l’école ni à la maison !


Quarante-deux kilomètres … j’en restais admirative. Un homme pouvait donc courir une si longue distance ! Et tout cela parce qu’il n’avait pas d’utérus ? Comme la nature était injuste !

Soudain, une colère naît dans le ventre de Catherine. Ce n’est pas juste ! Les garçons peuvent faire bien plus de choses que les filles ! Catherine ne s’est jamais sentie aussi libre que lorsqu’elle court alors tant pis, elle courra ! Bien cachée, lorsqu’elle sera certaine que personne ne la verra, mais elle courra !


– De toute façon, je partage l’opinion de ce grand homme qu’était Pierre de Coubertin, le créateur des Jeux Olympiques modernes, pour ainsi dire, ajouta-t-il à mon intention. Le rôle des femmes doit se limiter à celui de couronner les vainqueurs. Et puis, même au-delà de ça… Il est vraiment très laid de voir une femme courir.

La fille d’avril est un vent de fraîcheur ! Un rappel que d’autres femmes se sont battues avant nous pour des choses qui nous semblent tout à fait banales aujourd’hui mais qui étaient encore interdites il y a peu. C’est en osant, même à petite échelle, que l’on fait avancer les choses. Alors à vos baskets (même pour marcher, personnellement je déteste la course à pied ! 😀 )

La fille d’avril
Annelise Heurtier
Casterman, 2018