La dernière fugitive – Tracy Chevalier

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Bonsoir les lecteurs ! Je rattrape tout doucement mon retard et viens aujourd’hui vous parler de La dernière fugitive, que j’ai lu au début de l’été. Un roman de Tracy Chevalier – à mes yeux, une valeur sûre !

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Mon résumé

19e siècle. Honor Bright quitte son Angleterre natale pour rallier l’Ohio en compagnie de sa soeur, Grace. Le fiancé de cette dernière est un quaker, tout comme elles, parti tenter sa chance sur le nouveau continent. Pour les deux soeurs, c’est l’aventure ; elles n’ont jamais quitté leur petite ville, pas plus que leur communauté.

La traversée en bateau est épouvantable, Honor ne se départira jamais de son mal de mer et le voyage ne sera pour elle que nausées et vomissements. Lorsqu’elle retrouve enfin la terre ferme, son coeur est en miettes ; elle sait qu’elle n’aura jamais le courage d’affronter une nouvelle traversée, elle ne reverra donc jamais sa famille et ses amis. Quelques jours après, Grace succombe à la fièvre jaune et Honor se retrouve seule dans un pays inconnu. Elle n’a pas le temps d’encaisser le choc, il faut enterrer Grace sans plus tarder pour éviter la contamination. Pas le temps de pleurer sa soeur car elle doit reprendre la route et annoncer la terrible nouvelle à celui qui les attendait. Que va-t-il advenir d’elle maintenant qu’il n’y a plus de mariage et que la moitié de ses biens, ses si beaux patchworks et courtepointes, a été enterré avec sa soeur ?

Honor a la chance d’être une quaker – elle a beau ne connaître personne, la communauté quaker de l’Ohio est “obligée” de l’accueillir. Pour autant, il va falloir se faire accepter et ce ne sera pas chose aisée pour cette anglaise qui découvre avec horreurs l’Amérique esclavagiste. Cela a beau ne pas coller à leurs valeurs, les quakers ont décidé de ne pas condamner l’esclavage – pour se fondre dans la masse, il vaut mieux ne rien dire.

Malgré elle, Honor se retrouve sur le “chemin de fer clandestin”, la route empruntée par les esclaves en fuite. Sur ces routes, des maisons où se reposer, se ravitailler, s’arrêter parfois juste quelques instants avant de reprendre la fuite. Honor ne réfléchi pas et laisse son coeur parler.

Mon avis

Honor est une jeune femme discrète mais forte. Elle ne rechigne jamais devant l’ouvrage, défend ses convictions et ne pourrait faire quelque chose si elle ne le sentait pas. Comme toutes les héroïnes de Tracy Chevalier, c’est une femme de caractère que l’on ne peut qu’admirer.

L’écriture de Tracy Chevalier est fluide tout en étant rythmée. Deux quakers prennent le bateau pour marier l’une d’entre elles dans l’Ohio. A première vue, il pourrait s’agir d’une histoire plutôt légère et tranquille. Pourtant, s’il y a bien des chapitres plus calmes lorsqu’arrivent les grosses chaleurs de l’été, le rythme ne ralenti que rarement. L’esprit de Honor bouillonne. Il faut gagner un semblant d’indépendance, se faire une opinion sur ce qu’il se passe dans ce nouveau pays, veiller à ne pas déshonorer sa famille ni la communauté des Quakers, …

Les Quakers, je n’y connaissais rien. Enfin non, je mens, je connaissais les Quakers oats et j’ai donc eu le visuel de ce vieux monsieur en tête durant toute ma lecture, bravo Laura. Le culte des quakers protestants est fondé sur le silence et le lien direct que l’on peut établir avec Dieu dans ce silence. Honor est très calme et elle a toujours apprécié les réunions et leur silence, tout comme elle excelle dans la confection de patchworks et la réalisation des motifs de sa communauté. Ce savoir-faire s’est un peu perdu dans les nouvelles générations américaines, elle aura au moins ça pour elle.

Ce que j’aime particulièrement dans les romans de Tracy Chevalier, c’est que je me sens toujours entraînée par l’auteur. Elle me prend la main pour m’emmener en territoire inconnu et me dépeint dans les moindres détails une époque, un lieu, une communauté que je ne connais pas. Lorsque je découvre la communauté quaker, je suis Belle, sa nouvelle amie américaine qui ne connaît rien du culte des Amis. Lorsque Tracy Chevalier parle de l’esclavagisme et des fugitifs, je deviens Honor elle-même et j’ai peur tout autant que je souhaite venir en aide aux clandestins.

Il me reste encore plusieurs romans de Tracy Chevalier à découvrir et je ne me presse pas. Des romans comme La dernière fugitive, il faut en garder pour les pannes de lecture, les moments plus difficiles où l’on est découragé, où l’on doute, où l’on a besoin d’évasion.

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