“Jonah, tome 1 : les sentinelles” de Taï-Marc Le Than

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Jonah, t.1 : les sentinellesTaï-Marc Le ThanDidier jeunesse, 2013 - Prix : 16€ISBN : 978-2-278-05929-4
Jonah, t.1 : les sentinelles
Taï-Marc Le Than
Didier jeunesse, 2013 – Prix : 16€
ISBN : 978-2-278-05929-4

La mère de Jonah est morte en couche sans avoir donné l’identité du père. Le bébé a alors été confié à un orphelinat où il a grandi jusqu’à devenir un jeune garçon ; Jonah faisant partie des enfants qui n’ont jamais été adopté. Il est pourtant d’un caractère facile et est aimé de tous mais Jonah a un handicap qui effraye les candidats-parents : il est né sans mains. Cela ne l’a pas empêché d’apprendre à se débrouiller et de grandir dans un environnement serein qui constitue désormais sa famille. Le directeur de l’orphelinat, monsieur Simon, est d’ailleurs très attaché à ce garçon pas comme les autres. Persuadé qu’il a affaire à un garçon exceptionnel, il discute quotidiennement avec lui et surveille son éducation et ses apprentissages. Jonah est un garçon curieux, très sociable, qui a la particularité de rendre les autres heureux à son simple contact. Nul doute qu’il s’agit d’un être exceptionnel.

Monsieur Simon n’est d’ailleurs pas le seul à s’en être rendu compte. Lorsqu’un homme vient le chercher à l’orphelinat, il apparaît très vite qu’il ne s’agit pas de son père mais d’un membre d’une étrange confrérie. C’est que Jonah semble avoir compensé son absence de mains par la poussée de deux petites excroissances à l’arrière de son cerveau, qui pourraient représenter une évolution de l’espèce humaine. Une fois ces révélations faites, on comprend facilement pourquoi le jeune garçon intéresse un certain docteur et ses partisans. Alors que Jonah cherche à s’enfuir, ses amis de l’orphelinat sentent aussi que quelque chose ne tourne pas rond et fuguent pour le retrouver…

Cette nouvelle série avait tout pour plaire : un personnage principal attachant et l’idée plutôt originale d’un petit garçon dont le corps avait évolué pour pallier les manques. Si l’on en croit les différentes critiques et nominations de ce premier tome à des prix littéraires jeunesse, elle a d’ailleurs réussi à plaire. Malheureusement, en ce qui me concerne, je suis totalement passée à côté et ne prolongerai pas l’expérience avec la lecture du second tome sorti en avril dernier.

L’histoire de Jonah est complexe, comme toute histoire qui a un petit côté fantastique. Le problème, c’est qu’elle est racontée de manière bien trop simpliste, comme si tout était naturel, comme si le lecteur en connaissait déjà les tenants et aboutissants. C’est d’autant plus dérangeant que le style d’écriture employé par Taï-Marc Le Than est plutôt compliqué pour un enfant de dix ans qui pourrait être intéressé par l’histoire. De minuscules détails sont développés à outrance alors qu’il est parfois difficile de comprendre de quoi il retourne lorsqu’il s’agit des pouvoirs de Jonah ou de la mystérieuse confrérie. Certains personnages apparaissent sans que l’on ne comprenne véritablement qui ils sont et disparaissent sans avoir joué un rôle majeur. Pire, un grand méchant devient tout à coup tout gentil.

Le livre m’a semblé trop brouillon et cette critique l’est du coup tout autant. Ce qu’il faut en retenir, c’est que Jonah s’est perdu entre deux âges et trouvera difficilement son lecteur – il y arrivera tout de même, chaque lecteur étant différent et n’obéissant qu’à ses propres règles.

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