“Le goût du chlore” : la fluidité des corps de Bastien Vivès

Classé dans : BD et manga pour adultes | 2
Le goût du chlore -Bastien Vivès Casterman, 2008 - Prix : 15€ISBN : 978-2-203-01216-5
Le goût du chlore -Bastien Vivès
Casterman, 2008 – Prix : 15€
ISBN : 978-2-203-01216-5

Voilà une bande dessinée qui n’est pas neuve mais qui est bien de saison. En ces jours de fortes chaleurs, où l’on recherche un peu de fraîcheur, une visite à la piscine est plus que bienvenue. Certes, Le goût du chlore se déroule dans une piscine publique et pas autour de la piscine privée d’une belle demeure du sud mais quelle piscine ! Bastien Vivès a croqué la belle piscine de la rue Pontoise à Paris, une piscine dont le cadre aide à supporter le pipi dans l’eau et les peaux mortes des nageurs.

Aller nager dans une piscine publique, c’est aussi l’occasion d’observer les autres nageurs, leurs courbes plus ou moins gracieuses, l’effort physique et, peut-être de faire des rencontres. Observer les nageurs, c’est ce que le héros de Bastien Vivès va faire chaque semaine lorsqu’il se rendra à la piscine. S’il est là, c’est parce qu’il souffre d’une scoliose et que son kiné lui a vivement recommandé la nage sur le dos. Il n’est pas forcément bon nageur, ne connaît pas vraiment la position idéale que ses bras et jambes doivent adopter alors il observe attentivement les autres. C’est ainsi qu’il remarque une fille, plutôt douée, qui fend l’eau comme une fusée, qui enchaîne les longueurs sans s’arrêter. Il essaie de l’aborder mais elle est visiblement trop absorbée par sa nage.

Et puis, un jour, c’est elle qui l’aborde. Elle l’a visiblement observé, elle aussi, et se permet de lui donner un conseil sur sa technique de nage. Plutôt bonne pédagogue, elle aime visiblement le guider, accompagner sa nage. Ils se retrouvent désormais chaque semaine puisqu’ils nagent tout deux le même jour. Toujours heureux de se retrouver, ils ne se voient pourtant pas en dehors. Cela pourrait peut-être changer, si elle le souhaitait aussi…

Le goût du chlore est l’un des premiers albums de Bastien Vivès. On y retrouve déjà la fluidité des corps en mouvement qui a fait le succès de Polina. Ici, c’est la nage qui est décomposée, les mouvements vont et viennent à la surface de l’eau. Le dessin évolue, il se fait tantôt détaillé pour faire transparaître les muscles qui travaillent, tantôt plus simple, n’esquisse qu’une silhouette qui se laisse flotter sur l’eau.

Bastien Vivès aborde la rencontre amoureuse, les regards posés sur une silhouette qui attire l’œil, sur une personne que l’on voudrait connaître. Les premiers mots échangés, l’attente avant de revoir l’autre. Porté par le calme de l’eau, le récit coule de pages en pages pour se terminer d’une manière un peu abrupte et pourtant dans la continuité logique. A lire et à relire pour se rafraîchir.

2 Réponses

  1. salut,
    pour ma part, j’ai trouvé qu’elle se lisait vite, trop vite et je ne lui ai pas vraiment trouvé d’interêt.
    bref, loin d’etre mémorable pour moi.

    • Il faut aimer le style, c’est sûr. Moi qui aime autant observer les dessins que suivre l’histoire, je suis une grande fan. Mais c’est vrai qu’il y a peu de dialogues et que cela se lit très vite de ce point de vue-là.

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