“Cinder” : un conte de fée revisité … avec des robots !

Classé dans : Romans pour ados | 1
Les Chroniques lunaires t.1 : Cinder Marissa MeyerPocket jeunesse, 2013 - Prix : 17,90€ISBN : 978-2-266-21817-7
Les Chroniques lunaires t.1 : Cinder
Marissa Meyer
Pocket jeunesse, 2013 – Prix : 17,90€
ISBN : 978-2-266-21817-7

Nous sommes en 126 TE, 126 après la fin de la quatrième guerre mondiale. A New Beijing, dans l’Empire d’Orient, les humains cohabitent avec les androïdes, les robots programmés pour être leurs serviteurs. Quelque part dans la ville vit Cinder, mi-humaine mi-cyborg, qui s’est vu remplacer certains organes par de la tôle à onze ans après un accident qui a coûté la vie à ses parents. Brimée par Adri, sa belle-mère (ou plutôt sa tutrice comme elle préfère le rappeler), considérée comme une paria aux yeux de tous, la jeune fille de dix-huit ans travaille comme mécanicienne et a sa propre échoppe. C’est elle qui gagne de quoi faire vivre Adri et ses deux demi-sœurs, Adri n’ayant probablement jamais travaillé de sa vie.

La Communauté est en péril ; depuis plusieurs années, la létumose, une maladie à laquelle il n’existe encore aucun remède, ravage la population. Quiconque se retrouve contaminé est immédiatement placé en quarantaine, la maladie se propageant bien trop rapidement. Même l’Empereur est touché et n’a plus que quelques jours à vivre. Au Palais, les chercheurs se démènent comme ils peuvent sans grand résultat. Qui pourrait se douter que le salut de la Communauté repose sur les épaules de Cinder, la jeune fille dont les gens s’écartent du passage, à qui personne ne parle hormis son androïde et sa jeune demi-sœur Peony.
« Marissa Meyer fait se rencontrer Cendrillon et Star Wars » selon la critique de Entertainment Weekly. Ok mais vu de loin, alors. Car l’héroïne de ce premier tome des Chroniques lunaires a un caractère bien plus affirmé que celle de Perault. Cinder, c’est une mécano, une fille dont la blouse est tâchée d’huile et qui ne se laisse pas berner si facilement. Lorsque sa belle-mère lui promet qu’elle se rendra au bal si toutes ses corvées sont finies, la jeune fille sait très bien qu’il n’y aura jamais de fin à ses corvées, Adri en trouvera toujours de nouvelles à lui faire accomplir. Pour être tout à fait honnête, il faut spécifier qu’une lumière orange apparaît dans le champ visuel de Cinder lorsqu’on lui ment – il faut bien avoir quelques privilèges au fait d’être à moitié robot. Tout de même, c’est une cousine très éloignée de Cendrillon que Marissa Meyer nous présente.

Quant à la comparaison avec Star Wars, elle peut tenir si l’on se contente de se référer aux androïdes qui accompagnent les humains un peu partout mais il n’y a dans Cinder batailles entre vaisseaux ni empire galactique. Dans ce premier tome, du moins, il n’est question que d’une reine lunaire, ce qui n’est peut-être déjà pas si mal.

Comme de nombreuses autres héroïnes de littérature pour ados sur qui pèsent de grandes responsabilités, Cinder est une héroïne très attachante. Elle manie l’ironie avec brio, n’a pas sa langue en poche et est assez tête brulée – après tout, s’il faut vraiment sauver la Communauté, il n’y a pas de temps à perdre, et il est plus rapide de foncer dans le tas et de réfléchir ensuite. Cette relecture d’un conte traditionnel est plus surprenante que l’on ne pourrait le penser et amène un vent de fraîcheur au sein des nombreuses autres dystopies qui peuplent les rayons des librairies.

Une Réponse

  1. “un vent de fraicheur”
    oui c’est exactement ce que j’ai pensé !
    Le seul truc qui m’a dérangé avec ce livre était le “punch” de la fin (quant à la véritable identité de Cinder) qui est, à mon sens, évidente pour le lecteur ! un choix de l’auteur ou bien une mauvaise maitrise de l’intrigue -dans le sens, si ce n’est pas voulu, c’est quand même pourri qu’on devine ça dès le 1/3 du livre- ?
    Comme je t’ai dit : hâte de lire la suite !

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