Ce qu’il nous faut c’est un mort – Hervé Commère

Classé dans : Romans pour adultes | 5

Bonjour amis lecteurs !
Les vacances sont terminées, je reprends le chemin du travail ce lundi et je me relance à corps perdu dans la lecture – eh oui, je suis de ceux qui lisent beaucoup moins durant leurs vacances, drôle de personnage !

Je reviens avec Ce qu’il nous faut c’est un mort, découvert dans la sélection du Grand Prix des lectrices de Elle. En effet, j’ai l’immense chance de faire partie du jury de lectrices pour l’édition 2017 ! C’est un petit rêve de grande lectrice et je savoure ma chance à chaque nouveau livre découvert, d’autant que cette sélection va me permettre d’explorer des terrains jusqu’ici inconnus comme, par exemple, ce roman de Hervé Commère.

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De quoi ça parle

Les différentes histoires commencent dans la nuit du 12 juillet 1998. La France a gagné la coupe du monde de football, le pays est en liesse et des destins vont basculer. Dans la petite ville de Vrainville, en Normandie, trois jeunes hommes renversent une jeune femme en voiture et la laissent pour morte. A Paris, un homme rencontre une femme, la femme qui deviendra celle de sa vie. A Nancy, une étudiante se fait violer et perd son innocence, sa joie de vivre, son sourire. Dans le sud, une petite fille naît.

Presque vingt plus tard, ces différents destins vont se rencontrer et s’entremêler à Vrainville, une petite ville de Normandie dans laquelle tout tourne autour des ateliers de lingerie Cybelle. Cybelle, c’est la réussite d’un enfant du pays qui, au sortir de la guerre, a voulu créer une marque de lingerie « haut de gamme » accessible à toutes. De la lingerie faite par les petites mains Vrainvilloises avec la volonté du patron de prendre soin de ses employées, logées dans des petites maisons bâties spécialement pour elles. Aujourd’hui, c’est la troisième génération qui dirige l’entreprise et si l’ambiance est toujours plus ou moins similaire à celle instaurée par le grand-père, elle va bientôt radicalement changer. L’époque est à la mondialisation, des petites mains d’autres pays travailleraient pour des salaires plus bas et l’héritier pourrait revendre Cybelle a un bon prix s’il arrive à démanteler le comité d’entreprise. Pour cela, il a engagé un avocat parisien qui a l’habitude de ne pas faire dans le détail. Son plan ? Pousser les employés dérangeants dehors, les autres suivront.

Qui se soucierait des problèmes d’une petite ville ? La crise économique frappe partout, pourquoi le cas de petites couturières et d’une poignée de mécaniciens intéresserait-il ?

Ce que j’en ai pensé

Je m’attendais à un roman policier, un thriller peut-être, mais le roman d’Hervé Commère s’apparente plus à un drame social. Pour comprendre son histoire et ses enjeux, il faut rencontrer les habitants de Vrainville et les employés de son poumon économique. Quelques secrets sont enterrés, quelques rancœurs dont on ne parle plus et c’est un nouvel enquêteur fraîchement débarqué de Marseille qui va avoir la tâche de remuer tout cela et de découvrir le fin mot de l’histoire. Le passé est plus lumineux que le présent, il est plaisant de le découvrir. Tant d’espoirs qu’on aimerait ne jamais voir déçus ! Hélas ! le lecteur comprend avant les petites mains de Cybelle que cela ne pourra pas durer. Le lecteur sait, lui, ce que l’on chuchote dans les maisons le soir et il révélerait bien les secrets des habitants à celui qui mène l’enquête. « Je sais, moi, et j’ai compris, je pense ».

Mais est-ce bien tout ce qui compte ? Le plus important ne serait-il pas d’aider les différents destins brisés à se recoller, qu’importe si de petits morceaux ont été perdus dans la bataille, la force et le courage de recommencer, de se prendre en main, compenseront les pertes. Une véritable surprise du genre et la découverte d’un auteur qui mélange drame et histoire d’amour, qui traite de la violence et du racisme, présente un univers sombre qui est toutefois baigné par la lumière de ceux qui y croient encore, de ceux qui aiment, de ceux qui rêvent. Il survole l’humanité, nous donne une vision d’ensemble qui semble dire « tu vois, il y a encore des gens bien ».

5 Réponses

  1. Je ne m’attendais pas à apprécier autant ce roman, cette critique sociale même.

  2. Coucou! Moi aussi je fais partie du Grand Prix des lectrices ELLE 2017, jury d’octobre et toi? Une aventure extraordinaire, beaucoup de livres à lire… Une vraie chance!
    J’ai beaucoup aimé le Commère. Je ne savais pas si l’on pouvait publier nos articles sur nos blogs… Pour le moment, je n’ai pas osé…
    A bientôt!
    Lire au lit

    • Bonjour ! Je suis dans le jury de janvier :)
      Sisi, on avait posé la question et on peut les publier sur nos blogs, il n’y a rien de secret – à part le résultat final, bien sûr :D

  3. Pour l’instant, c’est mon policier préféré de la sélection.

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