#Bleue – Florence Hinckel : une dystopie très intelligente

Classé dans : Romans pour ados | 3

#bleue Attention, gros coup de cœur de l’été !

Dans un futur plus ou moins proche, les gens ont désormais la possibilité de ne plus ressentir aucune douleur morale et ce grâce aux agents de la Cellule d’Eradication de la Douleur Emotionnelle (CEDE). Les adultes ont le choix d’y recourir ou non mais pour les mineurs, l’intervention est obligatoire en cas de traumatisme. Aussi, lorsque Astrid, la petite amie de Silas, est tuée dans un accident de voiture, il est est immédiatement emmené par les agents de la CEDE.

 L’intervention laisse un point bleu sur le poignet et c’est la seule trace de son amour et du deuil qu’il porte que Silas est autorisé à garder. Il se sent vide et ne sait pas comment réagir. Il aimerait évacuer sa peine mais il ne sait même pas s’il en est encore capable. Sans compter qu’il n’en aurait pas le droit ; si quelqu’un le voyait craquer, il serait immédiatement embarquer pour une nouvelle intervention.

Silas a toujours été partisan de la CEDE mais commence à douter. On n’a pas le droit de parler de cela, il est très mal vu d’exprimer son avis. Mais quelques signes laissent entendre qu’il ne serait pas le seul, qu’il existe même des gens qui militent contre la CEDE. Et Astrid en faisait partie…

L’éradication de la douleur n’est pas la seule caractéristique de cette société. Le monde dans lequel Silas vit est également hyper-connecté – encore plus que celui que nous connaissons aujourd’hui. Chaque personne a un compte sur un réseau social et se voit obligé d’y tenir compte  de la moindre de ses humeurs et de ses faits et gestes s’il ne veut pas être reporté aux autorités comme un élément en danger (pour lui-même ou pour la société ?).

J’ai adoré #Bleue. C’est un roman intelligent, très bien écrit, qui touche aux émotions du bout du doigt avec un ton très juste – je ne doute d’ailleurs pas que les adolescents se retrouveront dans les sentiments de Silas et Astrid.

#Bleue est un roman qui soulève beaucoup de questions. Jusqu’où est-on prêt à aller pour ne plus souffrir ? La douleur est-elle nécessaire ? Que peut devenir une société sans sa mémoire, aussi bien personnelle que communautaire ? Où s’arrêtera l’hyper-connectivité ? Florence Hinckel plante une graine dans l’esprit de ses lecteurs, une graine qui donnera des petits et laissera une trace, un peu à la manière de ces points bleus sur le poignet.

3 Réponses

  1. J’aime beaucoup ce qu’elle écrit :-)

  2. je voudrais avoir un autre argument sur le fait que c’est une dystopie ormis l’hyper-connectivite et la CEDE,merci d’avance

    • Bonjour, si on reprend la définition de la dystopie, on y voit “société organisée de telle façon que ses membres ne peuvent atteindre le bonheur”. Je pense qu’en voulant supprimer les malheurs, on empêche les personnages d’atteindre le bonheur ! ;)

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