“La ballade d’Hester Day” : les stéréotypes prennent la route

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La ballade d'Hester Day -Mercedes HelnweinLa belle colère, 2014 - Prix : 20€ISBN : 978-2-8433-7720-4
La ballade d’Hester Day -Mercedes Helnwein
La belle colère, 2014 – Prix : 20€
ISBN : 978-2-8433-7720-4

Après Dieu me déteste, les éditions La Belle Colère remettent le couvert avec un deuxième roman traitant de l’adolescence mais destiné à un public adulte, La ballade d’Hester Day.

Hester a bientôt dix-huit ans et termine le lycée. Sa mère la verrait bien neurochirurgienne mais Hester, elle, n’a absolument aucune idée de ce qu’elle pourrait faire de sa vie. Alors, lorsque sa génitrice lui parle de la fac, elle répond qu’elle pourrait devenir surfeuse aussi, qui sait ? De toute façon, elle peut lui raconter ce qu’elle veut, elle ne l’écoutera jamais. La preuve, elle est persuadée que sa fille prend de la drogue et couche avec un nombre bien trop élevé de garçons alors que sur ces deux points, Hester est parfaitement vierge de toute expérience.

Hester erre dans la vie sans aucun plaisir ni but jusqu’au jour où elle se met en tête qu’elle pourrait adopter un enfant. Selon elle, l’idée est assez absurde pour qu’elle puisse s’y accrocher de toutes ses forces. On n’adopte évidemment pas un enfant comme ça et dès sa première visite à l’orphelinat, Hester s’en rend compte. Premier obstacle, il faut être majeur – mais cela n’est qu’une affaire de patience, Hester aura dix-huit ans dans quelques mois. Deuxième obstacle, et celui-ci est un peu plus difficile à franchir, il est conseillé d’être marié pour avoir plus de chances de voir une demande d’adoption aboutir. Enfin, c’est en théorie qu’il est compliqué de se marier, parce qu’en pratique, c’est assez simple ! Hester trouve l’homme qu’il lui faut en la personne d’une jeune poète qui voit cette occasion comme une expérience qui pourrait nourrir l’écriture de son premier roman. Une fois le stratagème découvert par ses parents, Hester se rend compte qu’elle est une fois de plus dans de sales draps. Sans réfléchir, elle s’enfuit, suivie de son jeune cousin de dix ans, et rejoint celui qui est désormais son mari dans un périple en camping-car à travers plusieurs états américains.

Ce road-trip de bric et de broc court à sa perte, à n’en pas douter. Pourtant – et peut-être même à cause de cela – tous les ingrédients étaient réunis pour donner lieu à une très bonne lecture de vacances. Hélas, Mercedes Helnwein n’a pas su échapper aux trop nombreux clichés qui jalonnaient la route. Le personnage d’Hester, en premier lieu, est insupportable tant il semble faux : en réaction contre tout, elle ne sait pas mettre son cynisme et son amour de l’absurde de côté une seule seconde. En pleine crise d’adolescence, elle ne fait que se regarder le nombril et fuit toute conversation sérieuse. Remarquez, on ne peut pas lui en vouloir au vu de la mère hystérique dont elle est affublée. Celle-ci non plus n’écoute rien et si elle s’entend si mal avec sa fille, c’est probablement parce qu’elles sortent du même moule. Elle fait marcher son petit monde à la baguette, s’apitoie sur son sort et se trouve face à un père et mari démissionnaire qui, à chaque instant, donne l’impression qu’il souhaiterait être ailleurs. Heureusement que Jethro, le petit cousin fan d’astronomie et d’extraterrestres apporte un peu de fraîcheur, même s’il serait bien dommage qu’un enfant de dix ans adopte une attitude à ce point blasée face à la vie. La fausse écriture « jeunes » use et abuse également de stéréotypes linguistiques qui n’étaient pas nécessaires – on a fort heureusement évité le verlan !

La ballade d’Hester Day n’est donc pas une lecture à recommander et si vous souhaitez découvrir les éditions La belle colère, il vaudrait mieux lire Dieu me déteste en attendant la sortie de leur prochain roman, annoncée pour l’automne.

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