Au bord de la rivière 1 & 2 – Michel David

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Après avoir dévoré les quatre tomes de la saga familiale “Un bonheur si fragile“, j’attendais impatiemment que les éditions Kennes éditent une autre des séries de Michel David de ce côté-ci de l’Atlantique. Ils ont porté leur choix sur “Au bord de la rivière”, autre saga en quatre tomes, et je me suis bien évidement pressée de me la procurer !

 

rivièreDans cette saga, Michel David fait cohabiter son lecteur avec les Beauchemin. Baptiste, le patriarche, a toujours travaillé dur. C’est un sacré caractère, bien décidé à devenir un homme important et à faire son petit village une paroisse reconnue. Il se donne beaucoup de mal et se sent presque investi d’une mission en tant que premier cultivateur venu s’installer dans ce coin de terre près de la rivière. Avec les années, il a été rejoint par de nombreux autres hommes, qui ont donné naissance à de belles familles.

Baptiste est marié à Marie avec qui il a eu cinq enfants déjà grands. Camille, l’aînée, est toujours célibataire et vit donc toujours chez ses parents où elle se rend très utile. C’est une femme qui n’a pas peur de travailler dur, a de multiples talents et un caractère fort mais très maternel. Les deux suivants, Donat et Emma, sont mariés. Emma réside un peu plus loin dans le rang, avec son mari et ses enfants. Donat, quant à lui, travaille ardemment en attendant le jour où la terre de ses parents deviendra la sienne. Hubert, le deuxième fils, est parti chez les frères et prononcera bientôt ses voeux et Bernadette, la petite dernière, est l’institutrice du village.

L’action est située trente ans plus tôt que dans Un bonheur si fragile. Nous sommes donc en 1870 et même si, globalement, la vie rurale est la même, il y a tout de même quelques petites différences. Celle qui m’a le plus marqué est que quasiment l’ensemble du village est illettré. Avant que Baptiste ne se batte pour ouvrir une école (et imposer sa fille comme institutrice, y a pas de raison), il n’y avait pas d’école dans le village. Chez les Beauchemin, seule la petite dernière sait lire et écrire, et ce uniquement parce que ses parents ont fait le choix de l’envoyer chez de la famille en ville pour qu’elle s’instruise chez les soeurs.

L’autre grosse différence avec la précédente saga, c’est la présence de deux communautés dans le village : les Canadiens et les Irlandais. Certains irlandais parlent français, comme Samuel Ellis, le grand rival de Baptiste, mais beaucoup ne parlent qu’anglais. Ils aimeraient donc une école anglophone ainsi que des sermons en anglais … mais comme il n’y a même pas encore de chapelle dans la mission. Les familles trouveront dès lors un terrain d’entente dans cet objectif commun : avoir l’accord de l’évêché pour construire une chapelle et réunir les fonds nécessaires.

J’avais quelques appréhensions en me lançant dans cette lecture : est-ce que je m’attacherais autant aux Beauchemin qu’à Corinne et les siens ? La magie de la découverte d’une saga rurale n’aura-t-elle pas disparu ? Etais-je prête à me relancer dans quatre tomes ? Une bonne cinquantaine de pages plus tard, tout cela s’était envolé tant je prenais plaisir à retrouver la langue et l’ambiance si particulière de la vie rurale. Je ne sais pas si j’aurais été pleinement heureuse de vivre à cette époque (tout le monde fait la morale à Bernadette lorsqu’elle ose lire un roman !) mais cela me fait du bien de laisser de temps en temps notre société hyper connectée pour me plonger dans les veillées auprès du poêle, les récoltes et les discussions au Magasin Général. C’est mon côté Laura Ingalls !

Deux tomes sont déjà parus, intitulés Baptiste et Camille. Le troisième, Xavier, sortira fin novembre et je l’attends avec une impatience non dissimulée !

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